La fin de la trêve hivernale le mardi 1er avril marque le début de la reprise des expulsions locatives en France. Avec le durcissement des règles pour les locataires en situation d’impayés, le nombre d’expulsions pourrait atteindre un nouveau record en 2026. L’année dernière, plus de 30 500 ménages ont été contraints de quitter leur logement, dépassant ainsi le chiffre de 2024.
En 2025, le nombre d’expulsions s’élevait à 30 500. La fin de la trêve hivernale cette année devrait entraîner une nouvelle augmentation, comme l’a laissé entendre Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, lors du Grand Rendez-Vous CNews/Europe 1/Les Echos ce dimanche. La tendance laisse présager un nouveau record pour 2026.
Face à cette situation, le ministre a promis de renforcer la protection des locataires en difficulté. «Il faut poursuivre la mise en place de mesures d’accompagnement et mobiliser tous les outils de la solidarité nationale pour les aider», a-t-il déclaré. La confédération nationale du logement a également exprimé son inquiétude et a proposé plusieurs mesures, notamment la suspension des expulsions et la construction de logements sociaux.
Selon les associations d’aide au logement, cette hausse des expulsions, qui a augmenté de 27% en un an, s’explique principalement par la montée de la pauvreté. Elle est aussi liée au durcissement de la législation, notamment depuis la loi Kasbarian-Bergé de 2023.
Protéger les propriétaires
Le ministre a également souligné la nécessité de mieux protéger les propriétaires modestes. «Certains sont confrontés à de grandes difficultés lorsque leurs locataires ne paient pas ou lorsqu’ils sont victimes de squatteurs», a-t-il expliqué. Il s’est réjoui du projet de loi Ripost, présenté par Laurent Nuñez, qui vise à combler une lacune de la loi Kasbarian concernant l’expulsion de squatteurs entrés légalement dans un logement, par exemple en le louant brièvement en meublé touristique.
Selon la fondation pour le logement, 45% des personnes expulsées retrouvent un nouveau logement ou sont hébergées par un tiers dans les trois mois suivant leur expulsion.
