Après les fêtes, nombreux sont les jardiniers qui prennent leur sécateur pour tailler leurs plantes. La saison hivernale est souvent considérée comme le moment idéal pour remettre en ordre massifs, haies et arbustes. Pourtant, pour certaines espèces, une taille en plein hiver peut leur faire plus de mal que de bien.
Le réflexe de couper tout ce qui dépasse peut sembler logique pour un jardin bien entretenu. Cependant, la biologie des végétaux ne suit pas toujours nos bonnes intentions en janvier. Les branches pleines de sève, les bourgeons déjà formés ou encore la fragilité des tissus face au gel rendent certaines plantes très vulnérables. Avant de sortir le sécateur, il est donc important de connaître lesquelles.
Pourquoi éviter la taille en janvier ?
La taille n’est pas qu’un simple geste esthétique : c’est une blessure pour la plante. Elle doit cicatriser, ce qui demande de l’énergie. En hiver, cette cicatrisation est plus lente, l’humidité peut favoriser l’apparition de maladies, et le froid risque d’éclater les tissus. Si la sève remonte après une coupe trop sévère, elle peut geler, ce qui endommage irrémédiablement la branche.
De plus, de nombreux arbustes à floraison printanière portent déjà leurs bourgeons sur le bois de l’année précédente. Tailler en janvier pourrait alors supprimer la majorité des fleurs qui apparaissent au printemps. Il est donc conseillé de limiter la taille à l’essentiel, en suivant la « règle des 3 D » : ne couper que le bois mort, malade ou endommagé, tout en conservant les pousses porteuses de bourgeons.
Les 7 plantes à ne pas tailler en janvier
Certaines plantes du jardin ne doivent pas être taillées en plein hiver, car leur bois cicatrise mal ou parce qu’elles ont déjà préparé leur floraison. Voici sept espèces à éviter durant cette période :
- Laurier-rose : Originaire de la Méditerranée, il est très sensible après une taille en hiver. Une coupe en cette saison peut exposer ses tissus aux températures basses, augmentant le risque de dommages. La meilleure période reste le printemps, après les gelées.
- Bougainvillier : Tailler en janvier le dénude et peut ralentir sa reprise. Il vaut mieux attendre la fin du printemps ou le début de l’été pour effectuer cette opération.
- Lilas : Ses boutons floraux se forment dès l’automne. Tailler en janvier supprime la floraison de mai. Il est conseillé de tailler après la floraison, en fin mai ou début juin.
- Hibiscus : Ses grandes fleurs se préparent longtemps à l’avance. Une coupe en hiver peut supprimer les boutons, il vaut mieux intervenir entre la fin de l’été et le début de l’automne.
- Hortensia à grosses têtes : Les boules fanées protègent les bourgeons situés juste en dessous. Les couper en plein hiver augmente le risque de gel et nuit à la floraison suivante. La fin de l’hiver, hors période de froid, est préférée.
- Conifères et haies persistantes : Leur feuillage dense agit comme un isolant. Tailler en hiver peut exposer les jeunes pousses au froid. La meilleure période reste la fin du printemps ou l’été.
- Arbres fruitiers à noyaux : Cerisiers, pruniers, pêchers ou abricotiers cicatrisent mal en période froide et humide. La taille en hiver peut favoriser les maladies. Il est préférable de tailler à la fin du printemps ou au tout début de l’été, par temps doux.
Les gestes à privilégier en janvier
Malgré tout, janvier n’est pas une période totalement inactive pour le jardin. Il est conseillé de pailler les plantes sensibles, de ramasser les feuilles mortes, de retirer les branches cassées et d’observer les bourgeons. L’entretien des outils est aussi essentiel. Si la taille a déjà été effectuée, il faut surveiller les plaies et laisser la plante se remettre jusqu’au printemps.
