4 juin 2026

Arbre de 20 ans : quand la législation peut obliger sa coupe

Après avoir planté un arbre dans son jardin il y a 20 ans, on peut en profiter de l’ombre et du chant des oiseaux. Mais un jour, le voisin peut demander son abattage, estimant qu’il devient une gêne. La loi ne protège pas forcément la présence de cet arbre, mais se base sur des critères précis.

Les règles juridiques concernant les arbres de 20 ans

Selon l’article 671 du Code civil, un arbre destiné à dépasser deux mètres doit être planté à au moins deux mètres de la limite séparative, mesurés depuis le centre du tronc. Si l’arbre est plus petit, une distance minimale de cinquante centimètres suffit, sauf si un plan local d’urbanisme ou un cahier des charges prévoit autre chose.

Si ces distances ne sont pas respectées, l’article 672 du Code civil donne le droit au voisin de demander l’arrachage ou la réduction de l’arbre. Il peut aussi demander que les branches qui dépassent soient coupées, ou couper lui-même racines et ronces en cas de trouble anormal de voisinage.

Vérifier la distance et l’âge de l’arbre avant toute décision

Avant d’accepter l’abattage, il est important de mesurer la distance entre le centre du tronc et la clôture. Il faut aussi vérifier si l’arbre dépasse deux mètres, puis dater son âge en se basant sur des photos, des actes de vente ou des factures.

La prescription trentenaire joue aussi un rôle : si l’arbre était planté à une distance réglementaire et qu’il dépasse deux mètres depuis plus de trente ans sans contestation, il devient difficile de le faire enlever. En revanche, un arbre de vingt ans, qui a dépassé deux mètres seulement depuis dix ans, peut encore faire l’objet d’une action.

En cas de conflit, une tentative de règlement à l’amiable ou une médiation est souvent recommandée avant de saisir le tribunal.

✨ L’astuce validée par la rédaction
Efficacité
9/10
Conflits évités
élevés

Pourquoi ça fonctionne ?

Cette check-list reprend exactement les critères des articles 671 et 672 et de la prescription trentenaire.

Le petit plus : Notez vos mesures et dates sur un croquis, à conserver avec l’acte de propriété.

À NE JAMAIS FAIRE : Se fier seulement à l’âge approximatif de l’arbre sans vérifier sa hauteur, sa distance et les 30 ans.

Planifier dès aujourd’hui pour éviter les conflits futurs

Pour les arbres déjà en place et contestables, il est parfois conseillé de procéder à une taille progressive ou de replanter plus loin, avec l’aide d’un professionnel. Sur un arbre fruitier, une taille trop radicale peut l’affaiblir.

Pour les plantations à venir, il est préférable d’anticiper. Choisir des espèces adaptées, respecter largement la distance légale, consulter le règlement local d’urbanisme et discuter du projet avec ses voisins permet d’éviter des problèmes à long terme.

Sources

  • Maison & Travaux
    «Votre arbre est trop près de la clôture ce que le code civil permet vraiment à votre voisin de vous imposer»