« Attends que le sol parle » : au printemps, les pépiniéristes du Var taillent leurs oliviers pour une récolte abondante
Au printemps, le retour des beaux jours pousse souvent à sortir le sécateur dans les jardins. Dans le sud de la France, beaucoup taillent leur olivier dès mars, souvent par habitude, sans se demander si l’arbre est prêt.
Mais dans le Var, les pépiniéristes adoptent une autre approche. Avant de couper la moindre branche, ils attendent un signe précis, un détail qui indique que la taille sera efficace et que la récolte sera généreuse. Une fois ce signal repéré, ils ne l’oublient plus.
Le signal discret que scrutent les pépiniéristes du Var
Au printemps, l’olivier se couvre de petites grappes de fleurs crème. Cette floraison, qui s’étale souvent sur tout le mois de mai dans la région méditerranéenne, demande beaucoup d’énergie à l’arbre. Pendant cette période, l’arbre prépare la formation de ses futures olives.
Le signal clé, pour les professionnels, apparaît lorsque ces grappes fanent puis tombent d’elles-mêmes. Après cette chute, un tapis de fleurs sèches se forme au pied de l’arbre, généralement vers la mi-mai dans le Var. Tailler avant ce moment, c’est risquer de couper des branches qui sont destinées à porter les fruits.
Quand tailler un olivier : le jour où les fleurs touchent le sol
Les guides de jardinage recommandent en général de tailler un olivier entre la fin de l’hiver et le début du printemps. Pourtant, beaucoup se précipitent en mars, par peur de manquer la bonne période. Les professionnels varois, eux, préfèrent observer l’arbre.
Leur règle simple : ils attendent que la majorité des fleurs soient tombées. Quand cela arrive, cela signifie que la floraison est terminée et que l’arbre a refait ses réserves. À ce moment-là, il supporte mieux la taille. Dans des régions plus froides, ce processus se produit un peu plus tard.
Les bons gestes pour une taille saine et un olivier lumineux
Lorsque le moment est venu, la taille consiste d’abord à un vrai nettoyage. On enlève le bois mort, les branches abîmées, puis les rejets vigoureux qui partent du pied et qui pompent la sève. Ensuite, on ouvre le centre de l’arbre pour laisser passer la lumière, sans retirer plus d’un tiers du feuillage.
Un avantage supplémentaire : cet espace aéré limite la prolifération de maladies comme l’œil de paon ou la fumagine, qui aiment l’humidité stagnante. Pour assurer la solidité de l’arbre, il faut éviter :
- la taille en boule qui étouffe le cœur de l’arbre ;
- la taille en hiver, quand le gel peut fragiliser les plaies ;
- les coupes trop sévères qui suppriment plus d’un tiers du feuillage ;
- la taille quand l’arbre porte encore des boutons ou des fleurs.
