19 mai 2026

Frelon asiatique : inspectez volets et toitures au printemps pour éviter le danger

Frelon asiatique : pourquoi la FDGDON recommande d’inspecter volets roulants et toitures au printemps

Lorsqu’un bourdonnement profond se fait entendre au-dessus du jardin, beaucoup regardent encore vers les arbres, à la recherche d’une grosse boule beige dans la cime. Pourtant, la reine du frelon asiatique préfère souvent installer sa colonie dans des endroits proches des habitations, comme sous un avant-toit, dans un coffre de volet roulant ou au plafond d’un cabanon. Ces lieux sont facilement accessibles et souvent juste au-dessus de la porte d’entrée.

Au printemps, ce sont principalement de petits nids de fondation, encore presque invisibles, qui se fixent sur la structure du bâtiment. Selon les experts de la FDGDON (Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles), près de 90 % des premiers nids sont construits directement sur le bâti ou à proximité. Depuis son arrivée en France en 2004, le frelon asiatique (Vespa velutina) s’est répandu dans presque tous les départements, y compris en Corse, progressant d’environ 100 kilomètres chaque année.

Les nids primaires collés aux bâtiments

Ce début de nidage commence lorsque les températures atteignent environ 13 ou 14 °C. Les femelles fécondées, appelées gynes, sortent alors de leur hibernation. Elles parcourent les façades, cherchent des fissures ou des interstices, et suivent les courants d’air chaud autour des fenêtres et des toitures. Leur objectif : trouver un endroit sec, chaud et calme pour y fixer un nid primaire, de la taille d’une balle de ping-pong, parfois ressemblant à une toile d’araignée.

Ce tout petit foyer, apparu en avril, peut devenir un réel problème en été. En moyenne, un nid non détruit peut produire 550 reines fondatrices à l’automne. Avec un taux de survie hivernal compris entre 5 et 10 %, plusieurs nouvelles colonies peuvent apparaître le printemps suivant. Chaque colonie consomme environ 11 kg d’insectes par saison, dont beaucoup sont des pollinisateurs, ce qui représente une menace directe pour les potagers et vergers situés autour des habitations.

Comment repérer un nid de frelon asiatique chez soi ?

Une inspection rapide de dix minutes, avec une lampe de poche, suffit souvent pour détecter la présence d’un nid. Il n’est pas nécessaire de grimper aux arbres : en effet, les nids de printemps se cachent principalement dans trois zones proches de la vie quotidienne.

  • Coffres de volets roulants : ces endroits chauds et secs sont privilégiés par les reines. Un bourdonnement inhabituel ou un volet qui ne se ferme pas complètement peuvent être des signes. Il ne faut pas forcer pour éviter d’endommager le nid.
  • Annexes et abris : garages, cabanons, toits d’abris, nichoirs ou pergolas. Cherchez de petites miettes grisâtres au sol ou des boules de papier dans les coins ou derrière des rangements.
  • Débords de toiture et gouttières : les avant-toits et corniches sont des lieux idéaux. Un frelon qui entre et sort toujours au même endroit sur le toit doit attirer votre attention.

Le frelon asiatique construit aussi dans des cabanes, des haies, certains arbres, ou même au sol, notamment dans les zones où l’on tond, bricole ou où jouent les enfants. En Ille-et-Vilaine, par exemple, 3 870 nids ont été détruits entre avril et juillet 2025, un chiffre déjà supérieur à toute l’année 2024.

Que faire si vous repérez un nid ?

En cas de découverte, il faut respecter quelques règles de sécurité. Restez à plus de dix mètres, éloignez les enfants et les animaux, et n’utilisez ni balai ni insecticide. Le frelon peut piquer plusieurs fois avec un dard long et dur. Un chat qui s’en approche pourrait subir une piqûre dans la bouche ou la gorge, pouvant entraîner un gonflement rapide des voies respiratoires.

Depuis le 14 mars 2025, la loi n° 2025-237, complétée par le décret n° 2025-1377, impose de faire déclarer et détruire tout nid par un professionnel certifié. Les mairies disposent de plans départementaux pour orienter vers des intervenants agréés. Selon la région, le coût de l’intervention varie généralement entre 89 et 180 euros, une partie pouvant être prise en charge par la collectivité.