30 juillet 2026

Incendies en France : faut-il vraiment fermer vos fenêtres ?

Incendies en France : combien de temps faut-il garder les fenêtres fermées ?

Alors que les incendies en Gironde et dans les Landes continuent de faire rage, un nuage de particules et de gaz toxiques recouvre une grande partie du territoire français. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), environ 80 % des particules en suspension dans ces fumées sont des particules fines, dont une majorité sont des particules carbonées de diamètre inférieur au micron. Ces poussières ultrafines peuvent pénétrer profondément dans les bronches.

Lorsque l’odeur de fumée d’un feu de forêt envahit votre logement, la réaction immédiate est souvent de tout fermer. Mais pour ceux qui vivent sous un panache depuis plusieurs heures, une question se pose : combien de temps faut-il garder les fenêtres fermées face à ces fumées sans risquer de s’étouffer ? Les autorités sanitaires françaises privilégient une règle simple plutôt qu’un délai précis.

Les fumées sont considérées comme un épisode de forte pollution de l’air. Autrement dit, il faut faire du logement un refuge provisoire et garder portes et fenêtres fermées tant que la qualité de l’air extérieur reste dégradée. Le vrai défi pour les habitants est de savoir quand il est sûr de rouvrir pour éviter une nouvelle exposition inutile.

Pourquoi est-il important de fermer les fenêtres pendant un épisode de fumées ?

Les fumées issues des feux de végétation contiennent des particules fines, notamment des PM2,5 de moins de 2,5 micromètres de diamètre, ainsi que du monoxyde de carbone (CO) et des composés organiques volatils (COV). Ces particules peuvent pénétrer profondément dans les voies respiratoires, provoquant toux, irritation, essoufflement ou aggravant des crises d’asthme, même à distance des flammes.

Pour cette raison, il est conseillé de rester à l’intérieur, fenêtres closes, le temps que le nuage de fumée se dissipe. Pour limiter les infiltrations, l’Anses recommande de fermer portes et fenêtres, d’occulter les entrées d’air avec des linges humides si nécessaire, et de couper temporairement la ventilation mécanique contrôlée (VMC) lorsque la pollution est à son maximum. Lors des incendies de 2022 en Gironde, une station à Marseille avait enregistré plus de 160 microgrammes de particules fines par mètre cube en une heure, selon Santé publique France.

Combien de temps faut-il garder les fenêtres fermées ?

Il n’existe pas de durée universelle pour garder les fenêtres fermées. Tout dépend de l’intensité de l’incendie, du vent et de la pluie. Selon le pneumologue Bruno Crestani, les populations exposées sous le vent peuvent rester ainsi plusieurs heures, voire plusieurs jours. Si l’odeur est encore perceptible, si le panache est visible ou si les indices de qualité de l’air sont mauvais, il est conseillé de continuer à limiter l’aération et les sorties.

Les autorités sanitaires recommandent d’aérer uniquement lorsque la qualité de l’air s’améliore. Les habitants peuvent suivre les mesures publiées par le réseau de surveillance Atmo, leur mairie, la préfecture ou l’ARS. Le médecin urgentiste Gérald Kierzek rappelle qu’il faut aérer uniquement quand les indices de qualité de l’air deviennent verts ou jaunes et que l’odeur a presque disparu. Une aération courte, à distance des pics de fumée, peut alors être envisagée.

Les bons réflexes à l’intérieur en attendant de rouvrir

Il ne suffit pas toujours de rester confiné. Pour préserver un air intérieur le plus propre possible, il est conseillé de réduire les activités physiques intenses, d’éviter de fumer, d’allumer des bougies, de brûler de l’encens ou d’utiliser une cheminée, qui ajoutent des polluants. Il est également préférable de limiter les sorties, surtout lors des pics de fumée, en évitant les déplacements à pied ou à vélo, ou en reportant les activités sportives en extérieur.

Certaines personnes sont particulièrement vulnérables face à ces polluants : nourrissons, femmes enceintes, personnes âgées, asthmatiques ou atteintes de maladies respiratoires ou cardiovasculaires. Pour elles, il est conseillé de rester dans les pièces les mieux isolées du logement et d’utiliser un masque FFP2 en cas de sortie inévitable. En cas de gêne respiratoire inhabituelle, il est recommandé de consulter un médecin.