Une présence accrue de guêpes cet été en France
Il est courant de voir des guêpes autour des verres ou des assiettes lors des repas en terrasse. Cet été, nombreux sont ceux qui ont l’impression que ces insectes sont particulièrement nombreux. Mais pourquoi la population de guêpes varie-t-elle d’une année à l’autre ?
Pour comprendre cette hausse, il faut d’abord connaître le cycle de vie des guêpes. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les colonies ne survivent pas à l’hiver. À l’automne, toutes les ouvrières meurent, tout comme la reine. Seules quelques jeunes reines fécondées trouvent un refuge dans des cavités ou sous l’écorce pour passer l’hiver. Au printemps, chaque reine fonde une nouvelle colonie.
La météo joue un rôle clé lors de cette étape. Un hiver doux permet à un plus grand nombre de reines de survivre. Plus il y en a au printemps, plus le nombre de colonies potentielles augmente. Cela explique en partie pourquoi certaines années voient une explosion de leur nombre.
Le rôle du changement climatique
Au printemps, la température est également déterminante. Des températures élevées et l’absence de gel tardif favorisent la construction des nids et le développement rapide des colonies. En revanche, un printemps froid ou pluvieux peut réduire leur nombre, car beaucoup de jeunes colonies n’atteignent pas leur pleine taille.
Les scientifiques soulignent aussi que le changement climatique prolonge la saison d’activité des guêpes. Des températures plus chaudes leur permettent de commencer leur cycle plus tôt au printemps, et de rester actives plus longtemps en fin d’été. Une étude publiée en 2026 montre que le réchauffement climatique modifie la biologie des guêpes et leurs interactions avec l’environnement, même si ces effets diffèrent selon les espèces.
Une alimentation abondante en été
En été, la disponibilité de nourriture contribue également à leur succès. Jardins, vergers, composts, déchets alimentaires ou boissons sucrées en ville offrent aux colonies de nombreuses ressources. En fin de saison, lorsque les larves deviennent moins nombreuses, les guêpes cherchent davantage de sucre. C’est la raison pour laquelle elles s’approchent souvent des repas en extérieur, des terrasses ou des pique-niques.
Malgré tout, les experts restent prudents. La fluctuation des populations d’une année à l’autre dépend fortement des conditions météorologiques. Une combinaison d’un hiver doux, d’un printemps favorable et d’un été clément peut expliquer une année particulièrement prolifique, sans que cela indique une tendance à la hausse durable.
Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), les signalements de piqûres de guêpes, d’abeilles ou de frelons sont restés stables au cours des dix dernières années. Les impressions d’une invasion massive sont donc souvent liées à des conditions climatiques exceptionnelles plutôt qu’à une augmentation continue des populations.
En résumé, cet été, la survie des reines, le développement des colonies au printemps et la disponibilité alimentaire expliquent en partie la forte présence de guêpes. Cela pourrait perdurer jusqu’aux premiers froids d’automne, avec une certaine prudence quant à une véritable explosion démographique à long terme.
