Une mesure qui pourrait permettre de louer à nouveau des passoires thermiques
En pleine période de canicule, le Sénat doit adopter, mercredi 8 juillet, un projet de loi sur le logement présenté par le gouvernement. Ce texte prévoit notamment une mesure controversée concernant la location de logements mal isolés, classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE).
Actuellement interdits à la location, ces logements pourraient bientôt retrouver le marché locatif. La condition : ils devront respecter certains critères liés à des travaux de rénovation énergétique. Si la loi est adoptée, les propriétaires pourront louer ces habitations pendant un maximum de cinq ans, à condition de s’engager à effectuer des travaux via un contrat avec une entreprise et en versant un acompte.
Une réponse aux enjeux énergétiques et sociaux
Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, a expliqué que cette démarche est « un partenariat gagnant-gagnant ». Il a précisé que le propriétaire pourra utiliser le loyer pour financer les travaux, et cela pourrait répondre à la pénurie de logements, en permettant à plus de passoires thermiques d’être occupées.
La mesure devrait être largement soutenue par le Sénat, qui est majoritairement à droite. L’adoption du texte est prévue pour ce mercredi. Cependant, cette proposition suscite la critique de plusieurs oppositions et associations de défense des locataires.
Les critiques et oppositions
Les opposants dénoncent une mesure qui pourrait mettre en danger la santé et le confort des locataires. La Confédération nationale du logement (CNL), qui représente notamment les locataires en HLM, critique le gouvernement pour vouloir « sauver les bouilloires thermiques » alors que la France connaît des épisodes caniculaires importants.
La plateforme « Logement pour TouTEs » dénonce une volonté de protéger les intérêts des bailleurs au détriment des locataires, notamment ceux exposés à des conditions de logement insalubres. Depuis plusieurs jours, elle appelle à une mobilisation aux abords du Sénat.
Un contexte inquiétant
Selon le ministère de la Transition écologique, la France compte environ 5,4 millions de logements classés F ou G, soit 14,4 % du parc immobilier national. Ces logements présentent de graves problèmes d’isolation, qui accentuent la consommation d’énergie et impactent la santé des occupants.
