Clôture de jardin : la hauteur maximale autorisée et les risques financiers
Au printemps, nombreux sont ceux qui souhaitent gagner en intimité en installant une clôture plus haute ou des panneaux occultants. Cependant, ce projet peut rapidement se compliquer si l’on ne respecte pas la réglementation en vigueur. En effet, la hauteur d’une clôture n’est pas une simple question de bon sens, mais un sujet encadré par la loi.
Plusieurs textes réglementaires, comme le Code de l’urbanisme, le Code civil, le Plan local d’urbanisme (PLU) ou encore les règlements de lotissement, fixent des limites précises. Dépasser ces limites peut entraîner des coûts importants, pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros pour certains propriétaires.
La règle nationale sur la hauteur des clôtures
En l’absence de règles locales, la réglementation nationale s’applique. Dans les communes de moins de 50 000 habitants, la hauteur maximale autorisée est de 2,60 mètres. Au-delà, la clôture devient illégale. Dans les communes de 50 000 habitants et plus, cette limite monte à 3,20 mètres. La mesure se fait toujours depuis le sol naturel jusqu’au sommet de la clôture, qu’il s’agisse d’un mur, d’un grillage ou de panneaux en bois.
Les haies ne sont pas exemptes de règles. Pour une haie de moins de 2 mètres, il faut la planter à au moins 0,5 m de la limite séparative. Si elle dépasse cette hauteur, il faut respecter un recul de 2 mètres. Qu’elle soit mitoyenne ou privative, la clôture doit respecter ces règles de hauteur et d’implantation.
Ce que dit réellement le PLU et les autres règlements locaux
Les idées reçues selon lesquelles “2,60 m ou 3,20 m, c’est la loi” sont souvent fausses. En réalité, ce sont les règlements locaux, notamment le PLU, qui déterminent la hauteur maximale des clôtures dans chaque commune. Certains quartiers peuvent limiter cette hauteur à 1,20 m ou 1,50 m, rendant impossible de se conformer aux chiffres du Code civil.
De plus, d’autres règlements comme le règlement de lotissement, le cahier des charges ou la copropriété peuvent imposer des restrictions supplémentaires. Par exemple, ils peuvent interdire les clôtures opaques ou privilégier des clôtures végétales plutôt que des murs pleins. En secteur protégé ou à proximité d’un monument historique, l’intervention des Architectes des Bâtiments de France (ABF) est également à prévoir pour contrôler la hauteur et l’aspect des clôtures.
Risques et sanctions en cas de dépassement
Construire une clôture trop haute ou sans déclaration préalable peut entraîner des litiges. Un voisin peut invoquer un trouble anormal de voisinage, comme une perte d’ensoleillement ou une ombre persistante sur le jardin, ou encore une clôture jugée oppressante. Le juge peut alors ordonner le rabaissement de la clôture et, dans certains cas, condamner à payer des dommages et intérêts.
La municipalité peut également engager une procédure pour infraction au Code de l’urbanisme. Par exemple, en Bretagne, un propriétaire n’a pas respecté la mise en conformité ordonnée. Il a alors dû payer une astreinte de 50 € par jour de retard, soit une somme pouvant atteindre 12 800 €, sans compter les travaux de modification à ses frais. Il vaut donc mieux respecter la réglementation dès le départ pour éviter de devoir tout casser à ses frais par la suite.
Sources
- Maison & Travaux
«Si votre clôture dépasse cette hauteur précise chez vous, vous risquez bien plus qu’une simple amende»
