Les jardiniers japonais utilisent un objet discret pour nourrir leurs plantes
Transporter chaque année des sacs de terreau lourd, choisir des engrais différents pour le rosier, le potager ou les jardinières… Ces tâches peuvent devenir coûteuses et fastidieuses pour de nombreux jardiniers. Pourtant, derrière certains jardins luxuriants, se cache un objet simple et discret, souvent placé dans la cuisine, qui facilite grandement le travail sans que personne n’y prête vraiment attention.
Ce secret venu du Japon repose sur un seau hermétique placé sous l’évier. Il permet de transformer les restes de cuisine et épluchures en un engrais liquide très concentré et en amendement pour le sol, sans odeur. Ce procédé, appelé Bokashi, vise à rendre presque inutiles l’achat de terreau et d’engrais du commerce. Tout cela se fait en silence, sans nuisance olfactive.
Le seau Bokashi, un outil incontournable pour les jardiniers nippons
Un seau Bokashi est généralement un récipient de 10 à 16 litres, avec un couvercle étanche et souvent un petit robinet au fond. On y dépose les déchets de cuisine, en recouvrant chaque couche d’un son de blé inoculé de micro-organismes. Contrairement à la compostage classique, ce processus ne provoque pas de pourrissement : il s’agit d’un compostage anaérobie, c’est-à-dire une fermentation sans oxygène qui préserve les nutriments.
Lorsque le seau est rempli, il doit rester fermé pendant dix à quatorze jours, sans jamais être ouvert. Cela évite l’introduction d’air qui pourrait dérégler la fermentation. À l’ouverture, les déchets sont encore visibles, mais recouverts d’un voile blanc cotonneux. L’odeur doit rappeler celle du cidre ou d’une marinade vinaigrée : ces signes confirment que la fermentation a bien réussi.
Utiliser le jus et le résidu pour fertiliser le jardin
Durant cette période, un liquide brun s’écoule du seau. On peut le récupérer grâce au robinet. Ce jus, très concentré, doit être dilué à 1 pour 100 (10 millilitres dans un litre d’eau) avant d’être utilisé pour arroser le potager ou les jardinières. Ce fertilisant liquide remplace efficacement les engrais du commerce, tout en étant issu uniquement de la cuisine.
Le reste solide, lui, est enterré dans le jardin. On le dépose dans un sillon à environ quinze centimètres de profondeur, à distance des racines jeunes, puis on recouvre de terre. En trois à quatre semaines, la microfaune et les vers transforment cette matière en humus noir, grumeleux. Ce dernier améliore la structure du sol et sa capacité à retenir l’eau, rendant les plantes plus robustes et moins dépendantes des terreaux en sac.
Mode d’emploi simple pour le seau Bokashi dans la cuisine
Le seau se place facilement sous l’évier, comme un simple bac à déchets. Il suffit d’y déposer les restes de cuisine coupés en morceaux, d’ajouter une poignée de son inoculé, puis de tasser pour chasser l’air avant de refermer le couvercle. Chaque jour, le seau se remplit. Lorsqu’il est plein, on arrête d’y ajouter des déchets et on laisse fermenter en phase de repos.
Pour que le système fonctionne correctement, quelques règles simples sont à suivre :
- Ne jamais ouvrir le seau pendant la phase de fermentation (dix à quatorze jours) ;
- Vider le jus tous les trois ou quatre jours et le diluer à 1 pour 100 ;
- Enterrer les résidus à une profondeur de 15 centimètres, loin des racines sensibles ;
- Surveiller la formation de la pellicule blanche et l’odeur aigre-douce, signes que la fermentation est réussie.
