Près de 30 % des Français souffrent d’allergies au pollen. Au printemps, le jardin, habituellement considéré comme un refuge, peut devenir un lieu de gêne. Les yeux qui piquent, le nez qui coule : la prolifération du pollen provenant des pelouses, haies et arbres peut gâcher un simple moment de détente en terrasse.
La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de repenser son jardin pour réduire l’exposition au pollen sans se priver de fleurs. L’AFPRAL parle de jardin hypoallergénique. Il s’agit d’un espace où l’on choisit des plantes et des matériaux pour que le pollen reste au sol ou sur les fleurs, plutôt que de se disperser dans l’air. Quelques astuces de conception simples peuvent faire une grande différence.
Choisir et placer les bonnes plantes
Selon le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA), les graminées du gazon ainsi que certains arbres comme le bouleau, le chêne ou le platane sont parmi les plus grands émetteurs de pollen. Pour un jardin plus confortable, il est conseillé de privilégier les plantes entomophiles, c’est-à-dire qui se pollinisent grâce aux insectes.
Les mufliers en sont un exemple : « Ils produisent de grandes hampes colorées, idéales pour apporter de la verticalité aux bordures. Les variétés naines sont souvent plantées en jardinières ou sur les fenêtres », explique l’experte Lucie Bradley. Elle précise aussi que, bien que leurs fleurs soient très attractives pour les pollinisateurs, leur mode de pollinisation empêche le pollen de devenir aérien, ce qui est bénéfique pour les personnes allergiques.
Une autre astuce consiste à organiser le jardin en cercles. Les végétaux les plus sûrs, comme les arbres fruitiers, sont placés près de la terrasse. « Les arbres fruitiers comme les pommiers ou poiriers dépendent surtout de la pollinisation par les insectes, donc moins de risque pour les allergies », souligne le jardinier Matt Tutt. Les arbres plus allergisants, qui se pollinisent par le vent, sont plantés en retrait, au fond du jardin. Il explique : « Je plante beaucoup d’arbres, mais je les place de façon à limiter leur contact avec les zones de vie. »
Filtrer le pollen avec la structure du jardin
Pour réduire encore l’exposition, la configuration du jardin joue un rôle important. Murs, claustras ou haies denses agissent comme des filtres naturels contre le pollen provenant de la rue ou du voisinage. « Il n’existe pas de jardin totalement exempt de pollen, mais en diversifiant les plantes, en évitant celles qui libèrent beaucoup de pollen par le vent, et en créant des zones tampons avec des haies ou clôtures, on peut limiter la dispersion », indique Dominique Kline.
Les haies de houx, cornouiller, sureau ou pyracantha, d’environ 1,5 à 2 mètres de haut, constituent de bonnes barrières. Pour un aspect décoratif, plusieurs styles sont adaptés. Le jardin à la française, avec des arbres et arbustes taillés régulièrement, libère peu de pollen. Les jardins zen ou japonais, composés de graviers, rochers, pas japonais et plantes grasses, ont aussi l’avantage d’être peu allergènes. Enfin, un bassin avec des nénuphars ou des lotus, qui libèrent leur pollen dans l’eau, offre une touche florale sans alourdir l’air.
Pelouse, entretien et dernières astuces anti-pollen
La pelouse, gros producteur de pollen, doit être limitée ou remplacée par des surfaces minérales. Il est conseillé de la tondre fréquemment ou de la remplacer par des matériaux comme le gravier ou le sable. L’arrosage doit se faire en fin de journée, de préférence en évitant de jardiner par vent fort pour limiter la dispersion du pollen.
