Votre arbuste fruitier forme une touffe serrée ? Ce geste de fin mars évite la catastrophe sur la récolte d’été
Au début du printemps, le sol se réchauffe, les bourgeons gonflent, et votre framboisier devient un buisson compact où les cannes s’emmêlent. Bien qu’il paraisse vigoureux, la récolte peut diminuer : les fruits deviennent plus petits, les rameaux se couchent, et la récolte devient difficile.
Face à cette situation, certains pensent à ajouter de l’engrais ou à couper quelques tiges au hasard. Pourtant, un simple geste de bêche, effectué à la bonne période, peut changer toute la saison à venir.
Pourquoi un framboisier en touffe serrée produit moins
Le Rubus idaeus, un arbuste de la famille des Rosacées, a une croissance drageonnante. Il étend ses rhizomes sous terre et produit de nouveaux rejets partout. Sans intervention, la souche s’épaissit au fil des années, formant une touffe serrée qui finit par s’étouffer elle-même et par produire moins de fruits.
Les jardiniers remarquent souvent cette baisse de production après environ huit ans sur des plants qui n’ont pas été divisés. La meilleure période pour intervenir afin de relancer la plante est à la fin de l’hiver.
Les causes de la diminution de la production
Lorsque l’on laisse un framboisier en paix, il se comporte comme une petite colonie : ses rhizomes avancent sous la surface, émettent des drageons, et de nouvelles cannes apparaissent chaque année. Mais ces tiges se disputent l’eau, la lumière et les minéraux disponibles dans la même zone.
Au centre de la touffe, la lignification s’accentue, le bois se colore, et la circulation de l’air devient difficile. Cela favorise le développement de maladies cryptogamiques.
Le cycle des cannes joue également un rôle. Les pousses de l’année ne donnent des fruits que l’été suivant. Ensuite, ces tiges de deux ans meurent et restent mêlées aux jeunes rameaux si on ne les enlève pas. Sur un vieux pied d’environ huit ans, cela crée un mélange de bois mort et de cannes faibles, peu productives.
Le geste à faire fin mars : diviser et renouveler
Fin mars, la plante sort de son repos hivernal, mais la sève ne circule pas encore à pleine puissance. C’est le moment idéal pour intervenir. Avec une fourche-bêche, il est possible de déterrer la souche entière en conservant la motte.
Une fois la souche sortie, une bêche bien aiguisée permet de diviser la touffe en 2 à 4 morceaux, appelés éclats. Chaque éclat doit contenir un rejet, des rhizomes et des racines.
Les drageons isolés, mesurant entre 15 et 20 centimètres, peuvent aussi être prélevés à cette période. On les soulève avec une motte de 10 à 20 centimètres de diamètre, puis on les coupe du pied-mère en conservant un maximum de racines. Cette méthode est fiable et permet souvent d’obtenir des plants fructifiant dès la deuxième année.
Replanter, espacer et attendre la récolte d’été
Après avoir prélevé un éclat ou un drageon, il ne faut pas laisser sécher la plante. On la replante immédiatement, à environ 20 centimètres de profondeur, dans un sol léger, bien bêché, enrichi en humus grâce à du compost.
Il est conseillé d’espacer les plants d’au moins 60 centimètres, avec 1,20 mètre entre les rangs, pour assurer une bonne luminosité et une bonne circulation de l’air. L’orientation nord-sud limite également les ombres.
Après la plantation, il est utile de couper chaque nouvelle plante à environ 50 centimètres pour favoriser le développement des racines. Ensuite, on paie généreusement avec de la paille propre, des tontes ou du compost. Ce paillage organique maintient la fraîcheur du sol.
Les framboisiers préfèrent un sol légèrement acide, avec un pH compris entre 6 et 6,5. En laissant environ dix cannes vigoureuses par mètre, on obtient une belle récolte de framboises. En divisant régulièrement tous les deux ou trois ans et en supprimant les rejets indésirables, un vieux massif peut retrouver une production régulière, qu’il soit remontant ou non-remontant.
