Un calendrier de plantation différent pour les maraîchers professionnels
Beaucoup pensent qu’il suffit d’attendre le printemps pour planter des fraisiers. Cependant, les maraîchers expérimentés, qui cultivent des variétés comme la Gariguette ou la Mara des Bois, suivent un calendrier bien différent de celui des amateurs. Par exemple, dans une forêt comestible près de Villars-sur-Var, la plantation des jeunes plants a lieu début avril, alors que la plupart des jardiniers amateurs ne sortent même pas leur binette à cette période.
Ce décalage s’explique par une question simple : les professionnels ne se demandent pas seulement quand planter, mais aussi pourquoi ils plantent à un moment précis. Leur objectif peut être une récolte dès cet été ou une production durable sur plusieurs années, selon la variété, le climat ou encore la méthode de culture. Ce raisonnement, basé sur des paramètres précis, est facilement adaptable pour un jardinier amateur désireux d’optimiser ses résultats.
Ce que recherchent réellement les professionnels avec leurs fraisiers
Pour obtenir une récolte dès la première année, les maraîchers privilégient des variétés remontantes. Celles-ci peuvent produire plusieurs fois dans la saison. La plantation se fait généralement entre mars et avril, lorsque le sol commence à se réchauffer, mais que la fraîcheur protège encore les jeunes plants du stress hydrique. Les plants s’installent alors tranquillement, développent leurs racines au printemps, et produisent leurs premières fraises remontantes de juin à juillet.
Pour une plantation plus durable, les variétés non-remontantes comme Gariguette, Ciflorette ou Charlotte sont privilégiées. Ces plants sont plantés plutôt fin août ou en septembre. À cette période, le sol est encore chaud, les pluies d’automne facilitent l’enracinement, et les plants peuvent construire un système racinaire solide pendant l’hiver. Au printemps suivant, la végétation repart avec plus de vigueur, et les récoltes sont plus abondantes avec des fruits plus gros.
Le calendrier précis pour planter ses fraisiers
Pour les fraisiers non-remontants, la période idéale va de fin août à septembre. Si la plantation intervient trop tôt, les plants risquent de souffrir des chaleurs estivales. Trop tard, ils n’auront pas assez de temps pour s’enraciner avant l’arrivée du froid. En respectant ce créneau, ces variétés démarrent rapidement, souvent dès mai ou juin, et peuvent produire pendant trois à quatre ans.
Les fraisiers remontants, quant à eux, se plantent principalement en mars ou avril. Par exemple, dans la forêt comestible de La Forêt d’Ambrosia, la plantation a été réalisée début avril, illustrant parfaitement cette période privilégiée.
Les gestes essentiels lors de la plantation
La date ne suffit pas. La préparation du terrain est cruciale. Les professionnels évitent de replanter des fraisiers dans des parcelles où d’autres légumes comme les tomates ou les pommes de terre ont été cultivés récemment, afin de limiter les maladies du sol, comme la verticilliose. Ils attendent généralement environ quatre ans avant de réutiliser une même zone ou changent de lieu complètement.
Le jour de la plantation, les maraîchers respectent plusieurs règles : espacement de 40 à 50 cm entre les rangs, 30 à 35 cm entre chaque plant, et le collet doit être au niveau du sol pour éviter la pourriture ou la dessiccation. L’arrosage doit être effectué au pied, de préférence en goutte-à-goutte, pour limiter le botrytis. Enfin, l’éboutonnage pendant quatre à six semaines, associé au pincement des stolons la première année, aide à renforcer les plants. Selon que l’on achète des plants en mars ou en août, le choix de plantation et la variété (remontante ou non) varient pour optimiser la récolte.
