Une plante interdite pouvant entraîner une amende de 150 000 € : que faire si elle est dans votre jardin ?
Popularisée par son apparence bohème et ses grands plumeaux crème, l’herbe de la pampa a envahi les terrasses, ronds-points et réseaux sociaux. Cependant, beaucoup de jardiniers ignorent qu’elle est désormais sous haute surveillance en France. Depuis peu, cette graminée originaire d’Amérique du Sud ne se limite plus à la décoration : elle figure sur la liste des plantes interdites, y compris pour les particuliers.
Un arrêté ministériel, pris en application de l’article L411-6 du Code de l’environnement, en date du 14 février 2018 puis actualisé en 2023 et 2024, classe Cortaderia selloana comme une espèce exotique envahissante de niveau 2. En conséquence, il est interdit en France métropolitaine de l’introduire, de la détenir vivante, de la vendre ou de la planter. Beaucoup se demandent alors ce qu’il faut faire si un pied de cette plante se trouve déjà dans leur jardin.
Pourquoi l’herbe de la pampa est-elle interdite en France ?
Les chiffres illustrent bien la gravité du problème. Un seul pied d’herbe de la pampa peut produire jusqu’à 10 millions de graines, qui peuvent se disperser avec le vent sur près de 25 km. Cette espèce colonise rapidement talus, dunes et friches, en concurrençant la flore locale et en modifiant le fonctionnement des milieux naturels. Dans plusieurs régions, comme la Bretagne, des campagnes d’arrachage ont déjà été menées sur les bords de routes et dans des zones sensibles.
La plante pose aussi un problème sanitaire. Son pollen est fortement allergène, pouvant provoquer des irritations chez les personnes sensibles. De plus, ses touffes sèches peuvent devenir un combustible en cas d’incendie. Face à ces risques, les autorités ont renforcé leur réglementation.
Que dit la loi pour les jardins privés ?
Les textes sont clairs : l’arrêté du 2 mars 2023, qui s’appuie sur le règlement européen sur les espèces envahissantes, interdit toute introduction, détention, utilisation, échange, transport, vente ou plantation de l’herbe de la pampa. Selon les articles L415-3 et R415-1 du Code de l’environnement, les infractions à cette interdiction peuvent entraîner jusqu’à trois ans d’emprisonnement et une amende pouvant atteindre 150 000 €. Ces sanctions sont surtout appliquées en cas d’introduction volontaire ou de commerce illicite répété.
Pour les particuliers qui possèdent déjà la plante, la situation est moins claire. Certains rappellent que la détention de la pampa est désormais interdite et peut justifier une mise en demeure d’éradication. D’autres précisent qu’aucune obligation d’arrachage immédiat n’est explicitement mentionnée, mais que les autorités attendent au minimum la cessation de toute diffusion : ne plus planter, donner ou transporter des rejets.
Comment éliminer l’herbe de la pampa dans votre jardin ?
Pour se conformer à la réglementation, le propriétaire doit surtout limiter la propagation et envisager l’éradication. La racine de cette graminée est très développée et profondément ancrée, rendant un arrachage total complexe. Il peut nécessiter l’intervention d’un professionnel ou l’utilisation d’un engin de chantier. En attendant, il est conseillé de couper les plumeaux au début de l’été, par temps calme, pour éviter la dissémination des graines dans l’environnement ou chez les voisins.
Voici quelques gestes simples pour réduire l’impact de cette plante dans votre jardin :
- Couper les plumeaux avant qu’ils ne produisent des graines, puis les enfermer dans des sacs hermétiques.
- Se protéger avec des gants épais, porter des manches longues et des lunettes, car les feuilles sont coupantes.
- Évacuer les tiges et racines en déchèterie, sans les composter ni les déposer en milieu naturel.
Pour préserver l’aspect esthétique du jardin, certains jardiniers privilégient des graminées non invasives, comme le Miscanthus.
