26 février 2026

Un ver australien envahit nos jardins et inquiète les experts

Un ver discret venu d’Australie envahit nos jardins

Vous pensez connaître tous les habitants de votre jardin, des merles curieux aux escargots gourmands. Pourtant, un intrus discret s’y est installé depuis plusieurs années : un ver plat invasif qui se faufile sous les feuilles mortes et les pots de fleurs. Contrairement aux vers de terre qui creusent ou aux sauterelles qui sautent, il rampe lentement à la surface du sol. Malgré son aspect inoffensif, cette espèce inquiète sérieusement les spécialistes de la biodiversité.

Une espèce introduite d’Australie

Originaire d’Australie, ce ver plat, nommé Caenoplana variegata, a été introduit en France par le commerce horticole. Il a été transporté dans des mottes de terre et des pots de plantes. Aujourd’hui, il est présent dans de nombreux jardins français et sa population ne cesse d’augmenter chaque année. Ce qui est surprenant, c’est que chaque ver ne parcourt que quelques mètres par jour, mais la colonisation du territoire se fait rapidement. Comment peut-il voyager aussi loin alors qu’il rampe si peu ?

Caractéristiques et mode de vie du ver

Ce ver plat mesure généralement entre 5 et 12 centimètres. Son corps sombre présente au milieu une bande jaune très visible, parfois bordée de fines lignes plus foncées. On le retrouve surtout sous les pots, les planches, les pierres ou dans les zones très humides du jardin. En tant que prédateur, il s’attaque à des arthropodes du sol comme les cloportes, certains insectes ou araignées. Il joue un rôle important dans la décomposition des feuilles et la fertilité du sol, même si sa présence reste discrète.

Arrivé d’abord dans des serres et des pépinières, Caenoplana variegata a été détecté en France au début des années 2010. Aujourd’hui, il est reconnu comme une espèce exotique envahissante. Il a été signalé dans plusieurs départements, du sud de la France à la Bretagne, en passant par le Calvados et la région parisienne. Son avancée est lente, ne dépassant souvent que quelques mètres par jour. La reproduction pose cependant problème : un simple fragment de son corps peut régénérer un individu complet, ce qui facilite sa multiplication.

Comment ce ver se répand-il jusqu’à chez vous ?

La principale voie de diffusion reste le commerce des plantes. Les bacs venus de l’étranger, les mottes de terre humides, ou encore les palettes de livraison peuvent héberger ces vers. Lorsqu’ils sont redistribués dans les jardins, un ou plusieurs individus peuvent s’y cacher. Une fois installée dans un quartier, l’espèce ne dépend plus uniquement du transport de plantes ou de matériaux, car elle peut aussi se propager par d’autres moyens.

Les véritables vecteurs de dispersion sont souvent nos chats et chiens. Des études sur plus de 6 000 signalements en douze ans montrent qu’environ 15 % des cas mentionnent des vers accrochés au pelage des animaux. Lorsqu’un animal se roule dans l’herbe humide, le ver peut se fixer grâce à un mucus très collant et voyager ainsi jusqu’à un autre jardin ou parc. Avec près de 10 millions de chats et 16 millions de chiens en France, cette méthode passive permet au ver de se déplacer largement. Aucun danger connu n’est associé à cette espèce pour l’homme ou les animaux domestiques.

Comment limiter sa progression dans le jardin

Pour freiner la propagation de Caenoplana variegata, il est conseillé d’adopter quelques gestes simples au quotidien : inspecter les mottes de terre et les dessous de pots après l’achat de nouvelles plantes, surveiller les zones très humides du jardin, surtout par temps de pluie, et éviter de manipuler ces vers à mains nues. En cas de découverte, il vaut mieux ne pas les couper, mais les placer dans un récipient fermé et les signaler aux réseaux de sciences participatives avec une photo et la localisation précise.