Un phénomène méconnu peut endommager vos plantes malgré un massif de vivaces en apparence parfait à l’automne, des plantes réputées rustiques et des hivers doux. Au printemps, il arrive que les touffes soient desséchées ou que les arbustes penchent. Beaucoup de jardiniers pensent alors à un coup de froid ou à une maladie mystérieuse. En réalité, un autre processus se déroule silencieusement dans le sol.
Ce danger s’appelle le soulèvement par le gel. Il résulte des cycles répétés de gel et de dégel qui peuvent soulever les racines, surtout dans certains types de sols. Comprendre ce mécanisme permet de mieux protéger ses plantes, notamment grâce à un simple paillage d’automne correctement réalisé, qui limite considérablement les dégâts.
Que se passe-t-il sous la terre lors du soulèvement par le gel ?
Selon Maksim Kazakou, expert en botanique chez Plantum, cité par Homes et Gardens, « l’eau dans le sol gèle, le sol se dilate, et la plante est soulevée vers le haut ». Il explique que même lorsque le gel fond, la plante ne revient pas à sa position initiale, à cause de la terre qui l’entoure ou d’une grande quantité d’eau en dessous.
Ce mouvement vertical peut faire déchausser la motte : la couronne et les racines deviennent alors exposées au froid, au vent, et aux nouvelles gelées. Les racines fines peuvent se casser, l’absorption d’eau et de nutriments diminue, et la plante devient instable, finissant par se dessécher. Les signes à repérer : une plante qui semble plus haute, une touffe qui penche, des racines visibles ou un sol fissuré autour du pied.
Les plantes, sols et pots les plus à risque
Les plus vulnérables sont principalement les vivaces à racines superficielles. Parmi elles : les fraisiers, scabieuses, clochettes de corail, marguerites d’été, shasta daisies ou blanket flower. Les jeunes arbres, arbustes et vivaces plantés ou divisés à l’automne, en pleine terre ou en pot, dont les racines n’ont pas encore bien colonisé le sol, sont aussi en danger.
Une terre nue, non paillée, exposée au vent, accentue le phénomène. La nature du sol joue également un rôle : les sols argileux ou limoneux, lourds et tassés, retiennent beaucoup d’eau et gonflent sous le gel, favorisant le soulèvement. À l’inverse, les sols sableux, bien drainés, offrent une meilleure résistance. Amender régulièrement le sol avec de la matière organique et un peu de gravier améliore le drainage et limite l’accumulation d’eau, réduisant ainsi le risque.
Le paillage d’automne, une solution simple pour protéger vos plantes
La bonne nouvelle, c’est qu’un paillage d’automne bien réalisé peut prévenir presque totalement le soulèvement par le gel. Après les premières petites gelées, il suffit de couvrir le sol avec une couche de 5 à 10 cm de matière organique. Il faut laisser 2 à 3 cm d’espace autour du collet de la plante.
Maksim Kazakou recommande d’utiliser du compost, du terreau de feuilles, des copeaux de bois, des aiguilles de pin ou des feuilles mortes. Ce paillis forme une barrière isolante, stabilise la température du sol et limite les variations thermiques qui provoquent le soulèvement. Ces matériaux, bien décomposés, sont particulièrement efficaces.
En cas de soulèvement visible en hiver, Rebecca Sears, experte en jardinage chez Ferry-Morse, conseille d’agir rapidement. Elle recommande de repousser doucement les plantes vers le sol lors d’un redoux, puis de recouvrir les racines exposées avec plus de terre. Ensuite, il faut ajouter une couche de paillis pour isoler davantage. Il est important de continuer à surveiller ses plantes tout au long de la saison pour répéter ces gestes si nécessaire.
