20 janvier 2026

Réglez votre chaudière pour économiser des centaines d’euros en chauffage

Les factures de gaz augmentent et poussent de plus en plus de ménages à surveiller leur budget. Selon l’ADEME, le chauffage représente plus de 60 % de la consommation d’énergie d’un logement. Pourtant, un simple réglage incorrect d’une chaudière récente peut entraîner des pertes d’argent chaque mois.

Pour les chaudières installées après 2005, il s’agit souvent de modèles à condensation. Leur efficacité dépend notamment de la température de départ, qui doit être correctement réglée. Des spécialistes comme Selectra estiment que quelques ajustements simples du thermostat et de la chaudière peuvent permettre d’économiser entre 10 et 15 %, sans sacrifier le confort. La clé réside dans la maîtrise de quelques degrés.

Réglage de la température de départ des chaudières après 2005

La température de départ, ou « température de l’eau de circulation », désigne la chaleur de l’eau qui sort de la chaudière pour alimenter les radiateurs. Elle se règle généralement à l’aide d’une molette ou d’un bouton avec une icône de radiateur. Selon une étude de Nesta, réduire cette température à environ 60 °C, au lieu de 70-80 °C, peut diminuer la consommation de gaz d’environ 6 à 8 %.

En France, les recommandations sont similaires. Selectra indique que pour maximiser l’efficacité des chaudières à condensation modernes, la température de l’eau dans les radiateurs doit idéalement se situer entre 55 et 60 °C. En dessous, jusqu’à 7 % d’économies peuvent être réalisées. MesDépanneurs précise également les températures cibles selon le type d’émetteur de chaleur :

  • Plancher chauffant : 35 à 40 °C
  • Radiateurs basse température : 45 °C
  • Radiateurs moyenne température : 55 à 60 °C
  • Radiateurs haute température : 70 à 75 °C

Réglage de l’eau chaude sanitaire et du thermostat

De nombreuses chaudières sont réglées d’usine avec une température d’eau chaude trop élevée, souvent autour de 70 °C. Cela oblige à mélanger avec de l’eau froide lors de l’utilisation. Selectra recommande de ne pas dépasser 60 °C en hiver, et de descendre à environ 50 °C en été. MesDépanneurs conseille une température entre 50 et 55 °C, en rappelant que chaque degré supplémentaire augmente la consommation d’énergie.

Il est également important de respecter un seuil de sécurité : ne jamais descendre en dessous de 50 °C dans le ballon d’eau chaude pour éviter le risque de légionellose. Ce réglage se fait généralement via un pictogramme « robinet » sur la chaudière ou sur le boîtier de commande.

Le thermostat d’ambiance est un autre levier d’économie. D’après l’ADEME, baisser la température de consigne d’1 °C permet de réduire la consommation d’environ 7 %. Réduire la température la nuit ou lors de courtes absences peut aussi faire économiser jusqu’à 5 %. Certains experts, comme Martin Lewis, proposent de relever le défi d’une baisse d’un degré pour économiser environ 10 % sur la facture de chauffage. La température recommandée varie selon les pièces : 16 °C dans les chambres d’adultes, 18-20 °C pour celles des enfants, et 22 °C dans la salle de bains en usage.

Les limites des réglages et l’intervention du professionnel

Pour optimiser ces réglages, il faut procéder étape par étape : noter la température actuelle, la réduire légèrement, puis observer le comportement du logement sur plusieurs jours. Si certaines pièces restent froides ou si la chaudière tourne constamment sans stabiliser la chaleur, il est conseillé d’augmenter un peu la consigne ou de faire appel à un professionnel.

Lorsque le système dispose d’une sonde extérieure, la température de l’eau de chauffage est contrôlée par une courbe de chauffe configurée lors de la mise en service. Seul un chauffagiste ou un plombier peut ajuster cette courbe.

Un professionnel effectuera également le contrôle et l’ajustement de la combustion, le réglage de la puissance, la vérification du vase d’expansion et de la pression d’eau, ainsi que la configuration de la courbe de chauffe pour les systèmes avec régulation. Par ailleurs, l’entretien annuel obligatoire, souvent négligé, permet d’éviter la surconsommation liée à l’encrassement et d’assurer un fonctionnement optimal de la chaudière.