En plein hiver, lorsque le jardin paraît figé et que les outils restent au garage, peu de personnes pensent que des préparatifs pour les récoltes futures sont déjà en cours. La majorité attend le printemps pour planter des arbres fruitiers comme les pommiers, poiriers ou framboisiers, convaincue que le sol froid rend toute plantation difficile.
Cependant, certains jardiniers adoptent une approche différente. Ils choisissent de planter des arbres fruitiers en janvier. Ils misent sur cette période discrète pour renforcer leur verger, le rendant plus résilient et plus productif. Les résultats apparaissent quelques mois plus tard, au printemps.
Pourquoi planter en janvier donne une avance aux arbres fruitiers
En janvier, la sève est redescendue dans les racines. L’arbre est en repos végétatif. Cette période d’inactivité au-dessus du sol facilite la manipulation de l’arbre, car il ne porte ni feuilles ni jeunes pousses qui demandent beaucoup d’eau. En plantant dans un sol humide, déjà tassé par les pluies d’automne, le système racinaire bénéficie d’un contact régulier avec la terre, sans poches d’air ni chaleurs soudaines. Dès que les températures remontent, les racines commencent à s’étendre en profondeur, bien avant que les bourgeons n’éclatent.
Janvier est aussi le mois idéal pour les arbres vendus en racines nues. Leur enracinement n’a pas été perturbé par un pot, ce qui leur permet de se connecter rapidement aux micro-organismes du sol, favorisant une reprise plus efficace. Ce choix est souvent plus économique et réduit l’utilisation de plastique. À l’inverse, une plantation au printemps dans un climat déjà sec nécessite des arrosages fréquents, car les racines n’ont pas encore développé leur réseau.
Les arbres fruitiers qui supportent le mieux l’hiver
Les pommiers et poiriers supportent très bien le froid, à condition que le sol ne soit pas gelé en profondeur. En plantant en janvier, ils ont le temps de développer des racines fines et essentielles avant l’arrivée des premières chaleurs. Il est conseillé de préparer un trou de plantation avec un bon compost mûr pour favoriser leur croissance. Un arbre planté en janvier sera mieux préparé pour le mois de mai qu’un autre planté à la hâte en mars.
Le cerisier redémarre très tôt. Attendre la fin de l’hiver pour le planter peut signifier le faire alors que ses bourgeons sont gonflés, ce qui peut perturber la montée de sève. En le plantant en janvier, hors période de gel intense, son système racinaire sera prêt lorsque le printemps débutera. Les framboisiers aiment avoir les pieds au frais. Leur plantation en plein hiver permet au rhizome de s’ancrer, avec souvent des fruits dès le premier été si ce sont des variétés remontantes. Le groseillier peut aussi débourrer dès fin février : un plant installé tôt concentre son énergie sur des grappes plus abondantes et juteuses.
Les bonnes pratiques pour une plantation réussie en hiver
Pour réussir une plantation en janvier, il faut respecter quelques règles simples. La première est de ne pas planter lorsque le sol est gelé ou trop détrempé. Il faut choisir une journée « hors gel » pour creuser un trou suffisamment large et profond. Le fond doit être bien décompacté pour éviter l’eau stagnante, et il est conseillé de mélanger la terre du jardin avec du compost, sans ajouter d’engrais chimique. Avant de mettre l’arbre en terre, un pralinage soigneux des racines nues dans un mélange de terre argileuse et d’eau limite leur dessèchement et favorise la reprise. Après la plantation, un arrosage, même au froid, assure un bon contact entre la racine et la sol. Enfin, un léger paillage protège le sol du froid et des pluies battantes.
Il est également important d’éviter certaines erreurs, comme :
- Planter en sol gelé ou sous la neige
- Laisser les racines nues à l’air libre avant la plantation
- Enterrer la greffe trop profondément
- Ajouter de l’engrais chimique dans le trou
- Oublier le paillage après l’arrosage
Un arbre planté en plein hiver dispose de quatre à cinq mois pour développer un système racinaire profond. Il sera ainsi plus autonome en eau, moins vulnérable au stress hydrique et aux maladies liées à une transplantation mal faite. Lors de la structuration du verger, il est recommandé de réaliser les coupes correctives à la bonne saison. Selon le jardinier britannique Simon Eade, janvier est le moment idéal pour ces tailles sur les pommiers et poiriers, mais pas pour les arbres à noyau, qui sont mieux taillés à un autre moment.
