Une erreur courante en janvier : tailler son jardin trop tôt
En plein mois de janvier, nombreux sont les jardiniers qui sortent les sécateurs pour « faire propre » avant l’arrivée du printemps. Ce réflexe, souvent motivé par l’envie d’embellir le jardin, paraît logique lorsque les massifs sont dégarni et que les arbres semblent endormis.
Pourtant, l’expert britannique Simon Eade met en garde contre cette pratique. Sur sa chaîne YouTube Walking Talking Gardeners, il explique que certaines plantes souffrent durablement de tailles précoces. Il précise que janvier peut être le bon moment pour couper certains arbres fruitiers comme les pommiers et les poiriers, mais que pour d’autres espèces, il faut absolument attendre.
Pourquoi la taille en janvier peut être risquée
Durant l’hiver, la plupart des végétaux sont en repos. La circulation de la sève ralentit, et leur capacité à cicatriser est réduite. Cela signifie que les blessures causées par la taille restent ouvertes plus longtemps. Elles deviennent alors des portes d’entrée pour des champignons ou des bactéries, comme le chancre bactérien ou la maladie de la feuille argentée.
De plus, plusieurs arbustes qui fleurissent au printemps ont déjà formé leurs bourgeons sur le bois de l’année précédente. Les couper en janvier pourrait donc supprimer la floraison à venir.
Les arbres fruitiers illustrent également cette différence. Les pommiers et poiriers, appelés arbres à pépins, peuvent supporter une taille hivernale modérée. En revanche, Simon Eade insiste : « Mais c’est là que cela s’arrête pour les arbres à noyau, comme les cerisiers ou les pêchers. » Il recommande d’attendre le milieu de l’été, quand il fait chaud et sec, pour tailler ces arbres.
Les 5 plantes à ne surtout pas tailler en janvier
Selon l’expert, tailler certains végétaux en plein hiver peut avoir des conséquences graves. Les maladies comme le chancre bactérien ou la feuille argentée peuvent s’installer et sont difficiles à éliminer une fois présentes. Le risque va de ralentir la croissance à la mort de l’arbre.
- Arbres fruitiers à noyau : à tailler uniquement en fin de printemps ou en été, par temps chaud et sec.
- Saules à écorce décorative et cornouillers : privilégier la fin d’hiver douce ou le début du printemps pour les tailles fortes.
- Arbustes à feuillage persistant (hors Mahonia) : attendre la fin des gelées pour les restructurer.
- Roses grimpantes et roses arbustives : tailler en fin d’hiver ou après la floraison, selon les variétés.
- Aromatiques méditerranéennes ligneuses (lavande, romarin, thym) : à rafraîchir après leur floraison ou au printemps doux.
Pour les saules et cornouillers à bois coloré, Simon Eade rappelle que leur spectacle hivernal peut être gâché par une taille mal effectuée. Il conseille de ne pas les couper à la va-vite, mais de les laisser tranquilles pour préserver leur beauté.
Les arbustes persistants, quant à eux, ont peu de réserves d’énergie. Les couper maintenant pourrait les affaiblir au printemps, surtout si une période douce leur permet de repousser. Si votre Mahonia a fini de fleurir et paraît en désordre, il est acceptable de la tailler immédiatement après la floraison, mais il faut laisser les autres plantes tranquilles.
Que faire en janvier pour préserver ses plantes
Pour les rosiers, la prudence est de mise. Les rosiers grimpants et arbustifs fleurissent sur le bois de l’année précédente. Une taille trop sévère en janvier peut supprimer leur prochaine floraison. Simon Eade recommande donc de faire preuve de précaution.
Il en va de même pour des aromatiques comme la lavande, le romarin ou le thym. Les couper maintenant peut endommager le bois par le gel, risquant de provoquer leur dépérissement, voire leur mort. Il faut plutôt résister à la tentation de tailler ces plantes en hiver.
En revanche, janvier est une période propice pour effectuer d’autres gestes. Il est conseillé de retirer le bois mort ou cassé, de vérifier les tuteurs, de contrôler les protections contre le gel, de nettoyer les outils, et de préparer les futures tailles de fin d’hiver. Les sécateurs peuvent également être utilisés sur les pommiers et poiriers, en évitant les périodes de gel intense.
En somme, en janvier, il vaut mieux observer, nettoyer et préparer plutôt que de tailler à tout-va. Cela permettra d’assurer de belles floraisons et de bonnes récoltes au printemps.
