Vague de froid : un système de chauffage « économique » qui peut faire exploser votre facture
Lorsqu’une vague de froid annonce des températures de -7 °C, de nombreux foyers équipés de pompes à chaleur commencent à douter de leur efficacité. La question revient chaque hiver : leur appareil pourra-t-il continuer à produire de l’air chaud ou se transformer en un bloc de glace qui consomme de l’électricité sans rien chauffer ? Entre les promesses d’économies et les témoignages d’inquiétude sur les réseaux sociaux, il est important de comprendre comment fonctionne réellement une pompe à chaleur par temps très froid.
Comment une pompe à chaleur réagit au froid
Pour y voir clair, il faut commencer par rappeler le fonctionnement d’une pompe à chaleur (PAC) lorsque la température extérieure chute. Tous les modèles ne réagissent pas de la même manière. La différence entre un hiver doux et des journées à -10 °C peut se faire sentir, tant sur le confort que sur la consommation électrique. La clé est de savoir jusqu’où la machine reste performante face au froid extrême.
Ce qui se passe réellement en hiver
Une pompe à chaleur air-eau ou air-air extrait la chaleur de l’air extérieur, puis la comprime à l’aide d’un fluide frigorigène pour la restituer dans le circuit de chauffage ou dans l’air soufflé dans la maison. Lorsqu’il fait doux, cette mécanique tourne à plein régime : pour 1 kWh d’électricité, la PAC peut produire entre 3 et 5 kWh de chaleur, ce qui correspond à un coefficient de performance (COP) élevé.
Ce rendement est généralement plus stable avec une pompe géothermique, qui puise la chaleur dans le sol ou l’eau souterraine, dont la température reste presque constante toute l’année. En revanche, pour les PAC aérothermiques, tout dépend de la température extérieure. Entre -4 °C et +4 °C, l’unité extérieure peut se couvrir de givre, obligeant la machine à s’arrêter pour se dégivrer, ce qui consomme de l’électricité mais empêche la production de chaleur. Plus la température descend en dessous de 0 °C, plus l’air contient peu d’énergie. La PAC doit alors travailler davantage, ce qui fait chuter progressivement son COP.
Jusqu’à quelle température une pompe à chaleur reste-t-elle efficace ?
Les modèles récents ont été conçus pour fonctionner jusqu’à environ -7 °C tout en maintenant la température intérieure souhaitée. Entre +7 °C et 0 °C, leur COP se situe souvent entre 3 et 4, ce qui reste avantageux par rapport à un chauffage électrique classique. À environ -5 °C, des mesures montrent une perte de rendement d’environ 30 % par rapport aux journées plus douces, avec un COP autour de 2 à 2,5.
Lorsque la température descend à -10 °C ou -15 °C, certaines PAC standards voient leur COP frôler 1. Elles consomment alors presque autant d’électricité qu’un radiateur électrique pour produire la même chaleur. Des modèles spécifiques, conçus pour le climat froid, maintiennent un COP supérieur à 1 jusqu’à -20 ou -25 °C, mais leur consommation peut alors tripler par rapport aux périodes plus douces. Certains appareils se mettent même en sécurité sous -15 °C. En résumé, le SCOP, ou coefficient de performance moyen sur l’année, diminue lors des hivers très rigoureux.
Comment préserver l’efficacité de sa pompe à chaleur par grand froid
Face à ces limites physiques, l’objectif n’est pas de faire fonctionner la PAC coûte que coûte, mais de trouver un bon compromis entre confort et facture d’énergie. En climat très froid, une pompe géothermique ou un système hybride combinant PAC et chaudière offre une meilleure stabilité. Cela est d’autant plus vrai si le logement est bien isolé.
Voici quelques gestes simples pour limiter la baisse de performance lors de plusieurs jours de grand froid :
- Régler une température de consigne raisonnable.
- Dégager régulièrement l’unité extérieure de la neige.
- Faire réaliser un entretien annuel avant l’hiver.
- Prévoir un chauffage d’appoint en cas de froid extrême.
