20 janvier 2026

95 ans victime d’un squat : le combat d’un propriétaire désemparé

Un propriétaire de 95 ans victime d’une occupation illégale de sa résidence secondaire

En France, le phénomène des squats continue de susciter de nombreux débats. Entre propriétaires démunis face à des procédures administratives longues et complexes, et la difficulté à faire respecter leurs droits, plusieurs affaires illustrent les failles du système. À Poitiers, un homme de 95 ans se trouve confronté à une situation particulièrement difficile. Sa maison secondaire, située dans le quartier Saint-Cyprien, a été occupée illégalement entre octobre 2023 et février 2025.

Une expulsion impossible malgré les démarches

Malgré ses démarches auprès de la préfecture et l’intervention d’un huissier, le propriétaire n’a pas réussi à faire expulser les squatteurs. La préfecture a refusé en août 2024 la demande d’expulsion, arguant qu’il n’était pas prouvé que l’entrée des occupants s’était faite par des moyens illicites comme des manœuvres ou des menaces. Ce refus a empêché toute procédure rapide, laissant le propriétaire sans solution pour récupérer son bien.

Des dégradations et des frais astronomiques

Lorsque la famille occupant les lieux a finalement quitté la maison en février 2025, celle-ci était dans un état dégradé. Les dégradations constatées ont aggravé la situation, en plus de la facture d’eau qui s’est envolée. La facture d’eau, initialement de près de 13 000 euros en septembre 2024, a atteint 17 364 euros en février 2025, selon France Bleu. La loi interdit en effet au propriétaire de couper l’eau en cas d’occupation illégale, ce qui signifie que ces coûts sont entièrement à sa charge.

Une situation financière et patrimoniale compliquée

Ce propriétaire, qui vit seul et est à la retraite, doit faire face à des frais imprévus importants. La dégradation de sa résidence et la facture d’eau colossale mettent en péril son patrimoine. À 95 ans, il se retrouve ainsi victime d’un préjudice financier considérable, avec peu de recours pour faire valoir ses droits.

Les responsabilités et le rôle des autorités

La collectivité locale, Grand Poitiers, explique que la maison était occupée illégalement depuis septembre 2023, un constat ayant été établi dès le 7 septembre. Un courrier avait été envoyé au propriétaire en octobre, mais aucune procédure n’a été engagée par la suite. Selon la collectivité, la prise en charge de la facture d’eau ne pourrait intervenir que si une procédure judiciaire ou administrative était lancée rapidement, ce qui n’a pas été le cas dans cette affaire.

Une dénonciation d’injustice

Pour l’avocat du propriétaire, Me Georges Hémery, cette situation illustre une injustice fondamentale. Le propriétaire a dépensé pour faire appel à un huissier et un avocat, sans succès. Il considère que la collectivité devrait assumer ces charges dans le cadre d’une occupation illégale, car la loi empêche le propriétaire de couper l’eau aux occupants illégaux. Cela relance le débat sur la responsabilité des pouvoirs publics face aux squats et la protection des propriétaires.

Une procédure en justice

Face au refus de la préfecture de dédommager le propriétaire, celui-ci a décidé de porter l’affaire devant le tribunal civil. Il demande réparation pour les frais engagés, notamment la facture d’eau. Cette affaire pourrait faire jurisprudence et inciter les autorités à revoir leurs règles concernant les occupations illégales, afin de mieux protéger les propriétaires face à ce type de situation.