29 octobre 2026

Pourquoi la pince à linge n’a presque pas changé depuis 1853

Un objet du quotidien qui n’a presque pas changé

Deux branches, un ressort, et c’est tout. La pince à linge est née aux États‑Unis et a été brevetée en 1853 par David M. Smith, dans le Vermont. Elle a ensuite été améliorée en 1887 par Solon E. Moore, et c’est cette version à ressort qui a connu le succès.

Les matériaux ont changé — bois, plastique, inox — mais le principe est resté le même. Et avec lui, un détail que l’on ne voit plus après l’avoir sous les yeux trop longtemps.

Ces deux encoches que l’on ne regarde plus

Fermez une pince en bois et regardez-la de profil. Les deux mâchoires forment deux ouvertures : une petite près du ressort, et une plus grande à l’extrémité. Le geste habituel consiste à glisser le bout de la pince sur le fil en coinçant le vêtement, sans se servir ni de l’une ni de l’autre.

Depuis l’été, une explication circule sur Internet: chaque ouverture aurait une fonction différente et nous utiliserions mal nos pinces. Simple légende du web ou véritable mode d’emploi oublié ?

Ce que révèle un brevet de 1887

Pour le savoir, il faut remonter à la source. Le brevet déposé par Solon E. Moore décrit des mâchoires creusées de rainures « conçues pour recevoir la corde à linge » (propos traduits de l’anglais). Le petit creux près du ressort avait donc bien, dès l’origine, une fonction : loger le fil.

L’astuce virale va plus loin. Selon elle, on pose la pince sur la corde par le petit creux, puis on pince le vêtement seul, à la pointe, dans la grande ouverture. La pince tiendrait mieux et le tissu serait moins écrasé. Sur ce second point, nous n’avons trouvé aucune source fiable : ni fabricant ni brevet ne réservent une ouverture au linge. Le brevet de 1853 décrivait même une seule ouverture, destinée à la corde avec le linge par-dessus.

Le geste ne coûte rien à essayer : à vous de juger si vos pinces tiennent mieux sur le fil.

Les bons gestes pour étendre sans marques

Quel que soit le côté utilisé, l’endroit où l’on pince compte autant que la pince elle-même. Voici ce que conseillent les fabricants et les guides d’entretien du linge :

  • Suspendez vos vêtements par la partie la plus épaisse du tissu, la ceinture ou une couture, pour éviter les marques.
  • Pour un t‑shirt, placez une pince de chaque côté de l’ourlet du bas, là où les traces ne se verront pas.
  • Pour les draps, ajoutez quelques pinces en bas afin qu’ils ne s’envolent pas au premier coup de vent.

Pensez aussi à rentrer vos pinces

Laissées dehors, les pinces s’abîment. Celles en plastique peuvent durcir et devenir cassantes si elles restent longtemps au soleil. Mieux vaut les rentrer après chaque séchage et les ranger dans un endroit sec, à l’abri des moisissures. Les pinces en inox, qui résistent à la corrosion, peuvent en revanche rester sur le fil toute l’année.

Enfin, quand le temps oblige à faire sécher le linge à l’intérieur, les autorités sanitaires recommandent d’aérer largement en ouvrant les fenêtres, ou d’étendre dans une pièce bien ventilée, pour limiter l’humidité dans le logement.

En bref

  • Les pinces à linge ont deux encoches : une petite près du ressort, une plus grande à la pointe.
  • Un brevet de 1887 prévoyait déjà une rainure pour loger la corde ; l’idée d’une ouverture réservée au vêtement reste une astuce virale non confirmée.
  • Pour éviter les marques, pincez le tissu par sa partie la plus épaisse et rentrez vos pinces après usage.