6 octobre 2026

Chaleur intense : le bois de votre jardin pourrait cacher un danger invisible

Un été chaud révèle la présence de créosote dans le bois

Lors d’un été de forte chaleur, un jardinier a constaté un phénomène inquiétant dans son potager. En arrachant ses carottes, il a vu ses doigts se couvrir d’une substance noire, grasse, qui dégageait une odeur de goudron. La terre autour des traverses de chemin de fer en chêne, posées à proximité, brillait d’une luisance suspecte.

Il avait initialement pensé que le recyclage de ces vieilles traverses, en bois massif patiné, était une bonne idée pour border ses planches. Mais il ignorait ce que la chaleur allait faire sortir de ces pièces d’occasion, ni les risques pour ses légumes et sa santé.

La créosote : un poison caché dans le bois

Le problème ne vient pas du bois lui-même, mais de la créosote qui l’a imprégné. Ce produit, issu du goudron de houille, a été injecté dans les traverses pour les rendre plus résistantes aux insectes. Il reste emprisonné dans le bois, même après des années.

Sous l’effet du soleil, la créosote se réchauffe, se liquéfie et s’échappe par les pores du bois. Elle tache la terre, la coule, et contient des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), comme le benzo[a]pyrène, qui sont probablement cancérogènes. Le jardin devient en quelque sorte un prolongement de l’ancienne voie ferrée.

Ce que dit la loi et le bon sens

Beaucoup ont déjà été tentés de récupérer ces traverses SNCF pour leur jardin. Pourtant, la réglementation européenne, notamment le règlement REACH, interdit l’utilisation de bois créosoté dans les jardins et espaces accessibles au public. En France, un arrêté de 2018 limite leur usage aux voies ferrées.

Au-delà des textes, la santé doit primer. La terre contaminée peut être absorbée par les légumes comme les carottes, les betteraves ou les radis. Éplucher ne suffit pas toujours à éliminer la pollution. Certains signes doivent alerter avant d’utiliser ces traverses :

  • Une odeur persistante de goudron lors des journées chaudes ;
  • Un bois très foncé, luisant ou collant ;
  • Une origine floue ou une mention d’ancienne voie ferrée.

Conseils pour protéger son potager

Si des traverses créosotées sont déjà présentes dans votre jardin, il est conseillé de ne pas consommer les légumes qui poussent à proximité. Il faut éviter de tronçonner, poncer, brûler ou nettoyer ces bois à haute pression, car cela peut disperser des poussières ou des gouttelettes toxiques.

Il est préférable de laisser le bois entier, d’absorber les suintements avec un matériau inerte, puis de le déposer en déchetterie après vérification qu’elle accepte ces déchets dangereux. Un laboratoire peut analyser la terre pour déterminer si une décontamination est nécessaire ou si le potager doit être déplacé pour quelques saisons. Ensuite, il peut être reconstruit avec du bois non traité, de la pierre ou des briques.

Recommandations pour agir face à ces traverses

Il est important d’adopter des gestes simples pour limiter l’exposition. En cas de présence déjà avérée, il faut éviter de manipuler ou de brûler ces traverses. La meilleure solution consiste à retirer ces bois, à les stocker dans un endroit sécurisé, puis à consulter un professionnel pour évaluer la contamination du sol.

Sources

  • Mon Jardin Ma Maison
    « Traverses de chemin de fer au jardin : cette erreur vous met hors la loi et 14 idées pour les utiliser sans risque »

Résumé

  • Un jardinier a observé un suintement noir et une odeur de goudron après avoir arraché des carottes près de traverses de chemin de fer en créosote en plein été.
  • Le guide explique les risques liés à l’utilisation de ces traverses, la réglementation en vigueur, et les gestes pour limiter l’exposition.
  • Des solutions concrètes existent pour gérer ces traverses, protéger le sol du potager, et choisir des matériaux de remplacement sûrs.