Le déclin du laurier-cerise et du photinia, de nouvelles tendances en 2026
Les haies bordant les maisons ont longtemps été composées de laurier-cerise, une plante appréciée pour sa croissance rapide, sa densité et son coût réduit. Son utilisation s’est répandue dans les quartiers résidentiels pour créer des écrans visuels efficaces. Mais en 2026, une nouvelle tendance émerge, favorisant des végétaux moins exigeants et plus durables.
Les problèmes du laurier-cerise et du photinia
Le laurier-cerise, surnommé « béton vert », est aujourd’hui considéré comme envahissant. Il disperse ses graines au-delà des clôtures, colonise les sous-bois en réduisant la lumière, et émet des substances toxiques qui empêchent la croissance d’autres plantes. En forêt, il bloque la régénération naturelle en empêchant le développement de jeunes arbres. L’Office National des Forêts l’intègre même à ses programmes d’arrachage automatique. Une pétition au Sénat réclame son interdiction à la vente, le classant comme espèce invasive.
Pratiques, ses tailles régulières (deux par an, en mars et septembre) demandent beaucoup de travail. De plus, si le sol est lourd ou argileux, ses racines peuvent s’asphyxier, provoquant le jaunissement des branches.
Le photinia Red Robin, autrefois populaire pour ses jeunes pousses rouges décoratives, montre aussi ses limites. Avec des hivers plus doux et des printemps humides, il est vulnérable à l’entomosporiose, un champignon qui attaque ses feuilles. En quelques années, une haie peut devenir dénudée, laissant place à un grillage de branches et compromettant l’intimité. Son entretien nécessite également plusieurs tailles par an, ce qui diminue son attrait initial.
Les nouvelles alternatives pour les haies
Le pittosporum, notamment la variété Pittosporum tenuifolium, apparaît comme une solution de remplacement prisée. Ses atouts : un feuillage persistant, une croissance modérée de 20 à 30 cm par an, et une seule taille annuelle. Son entretien se limite à un arrosage régulier la première année, puis modéré, avec une taille légère après la floraison en été. Cependant, il est moins résistant au froid intense, supportant mal des températures en dessous de -10°C.
Une autre option très appréciée est l’éléagnus ebbingei. Cet arbuste résistant, avec une croissance pouvant atteindre 50 à 80 cm par an, possède un feuillage vert foncé brillant d’un côté et gris argenté de l’autre. Très robuste, il supporte la sécheresse, les embruns et la pollution, tout en étant résistant jusqu’à -15°C. Il s’associe souvent à d’autres arbustes comme le photinia ou le viburnum tinus pour créer des haies variées et durables.
Le viburnum tinus, ou laurier-tin, reste aussi une valeur sûre. Facile à vivre, il ne demande qu’un arrosage initial, puis peu d’entretien. Sa floraison hivernale spectaculaire, avec ses petites fleurs blanches ou rosées, et ses baies bleu-noir, en font un choix décoratif et attractif pour la faune.
La haie mixte, une solution durable
Les experts en paysage insistent sur l’intérêt des haies composées de plusieurs espèces. Contrairement aux haies uniformes comme celles de thuyas ou de lauriers, qui sont fragiles face aux maladies ou parasites, les haies mixtes sont plus résistantes. Elles évoluent au fil des saisons, avec floraisons, baies et feuillages variés, tout en demandant peu d’entretien. Une taille annuelle suffit généralement après quelques années.
Une composition recommandée pour une haie de 10 mètres : un pittosporum, un éléagnus, et un arbuste local comme le noisetier ou le cornouiller. Avec 10 à 12 arbustes plantés, la haie devient dense, esthétique et peu exigeante. Ce type de plantation s’inscrit dans la tendance des haies champêtres, qui privilégient les espèces locales et nécessitent peu d’intervention après leur installation.
Les enjeux environnementaux en 2026
Le développement de jardins durables, favorisant la biodiversité et la réduction de l’entretien, est renforcé par la législation française, notamment la loi Climat & Résilience. Les collectivités soutiennent également la plantation de haies bocagères dans le cadre de programmes environnementaux, comme ceux du Label Bas-Carbone, qui valorisent leur rôle dans le stockage de carbone et la lutte contre l’érosion des sols.
Selon les données, 70 % des haies ont disparu en France depuis 1950. La plantation de nouvelles haies devient ainsi un geste écologique majeur, au-delà de l’aspect esthétique ou de la séparation des propriétés.
