11 juin 2026

Rhubarbe géante interdite en France : découvrez pourquoi elle est dangereuse

Une espèce de rhubarbe interdite depuis 2018 en France

La rhubarbe géante du Chili, aussi appelée gunnère (Gunnera tinctoria), est une plante ornée originaire du Chili. Bien qu’elle soit appréciée pour son aspect spectaculaire dans certains jardins, sa culture est interdite en France depuis 2018.

Elle est notamment présente en Bretagne et en Normandie, où elle a été introduite comme plante ornementale. Cependant, cette espèce a été déclarée invasive, car elle représente un danger pour la biodiversité locale. L’arrêté du 14 février 2018, relatif à la prévention de l’introduction et de la propagation des espèces végétales exotiques envahissantes, a explicitement interdit sa plantation et sa culture. La rhubarbe géante du Chili figure également sur la liste des espèces interdites par l’Union européenne depuis 2017.

Les risques environnementaux liés à cette plante

Originaire d’Amérique du Sud, cette rhubarbe s’est implantée dans plusieurs régions du continent européen depuis le XIXe siècle. En Irlande, en Angleterre, en Écosse et dans les Açores, elle a formé des peuplements denses, pouvant atteindre deux mètres de hauteur. En France, sa présence est également préoccupante, ce qui a conduit les autorités à légiférer contre sa prolifération.

Selon le Centre de ressources des espèces exotiques envahissantes, cette plante peut rapidement coloniser de grands espaces en formant des peuplements mono spécifiques très denses. Elle concurrence la végétation indigène et peut même évincer les espèces locales. Sa croissance modifie le processus naturel de succession végétale, notamment dans les prairies humides et le long des cours d’eau.

Elle peut obstruer les rivières, provoquer des inondations et, sur les zones littorales comme en Bretagne, accélérer l’érosion des falaises. Grâce à ses grandes racines, elle peut tomber et entraîner avec elle le sol et les roches, fragilisant ainsi le littoral et empêchant le développement des espèces marines indigènes.

Une plante à fort potentiel invasif

Chaque pied de cette rhubarbe produit des milliers de graines, dispersées par les oiseaux, l’eau ou les déchets verts. Une fois installée, ses feuilles touffues empêchent la lumière d’atteindre les autres plantes, favorisant ainsi sa domination rapide.

Les méthodes pour limiter sa propagation sont peu nombreuses et peu connues. Selon le Centre de ressources, il est conseillé de supprimer les fleurs pour empêcher la production de graines, ce qui doit être fait sur plusieurs années. L’arrachage manuel ou mécanique est également recommandé, en veillant à retirer tous les rhizomes pour éviter une nouvelle croissance.