23 avril 2026

Une Propriétaire condamnée après avoir tenté d’expulser un squatteur

Une propriétaire condamnée après avoir tenté de déloger un squatteur

Karine, une femme de 55 ans, a récemment vécu une situation difficile concernant sa maison familiale. Lorsqu’elle a hérité de cette propriété après le décès de son père, elle a découvert qu’elle était occupée illégalement par un homme. Ses démarches administratives pour le faire partir n’ont pas abouti, ce qui l’a poussée à chercher une autre solution, qu’elle doit maintenant payer cher.

La découverte du squat et la tentative d’expulsion

Dans le cadre du reportage diffusé ce 23 avril dans l’émission « Envoyé spécial » présenté par Elise Lucet, Karine explique qu’elle voulait vendre la maison pour régler ses frais de succession. Elle raconte : « C’est une maison familiale qui appartenait avant à ma grand-mère. J’en ai hérité au décès de mon papa. Je comptais la vendre, c’était une façon de solder mes dettes fiscales, sinon je risquais d’avoir de grosses difficultés financières. »

Un jour, elle découvre que la maison est occupée. L’homme qui s’y est installé raconte aux journalistes avoir repéré cette maison avant de s’y installer. Il avoue avoir vécu quatre ans dans la rue à Bordeaux et explique qu’il considère qu’il est normal de squatter des propriétés abandonnées, notamment celles appartenant à des « bourgeois ». Il loue même des chambres à l’intérieur, se montrant conscient de l’illégalité de ses actions.

Les manipulations et la légalité du squatting

Le squatteur a modifié le contrat d’électricité à son nom, ce qui lui a permis de changer les serrures et d’accéder à l’électricité, profitant ainsi du confort de la maison. Karine dénonce cette situation : « C’est quand même inadmissible qu’il change le compteur et profite de tout le confort. »

Lorsqu’elle découvre la situation, elle porte plainte immédiatement pour violation de domicile. Cependant, les forces de l’ordre lui expliquent qu’elle n’a pas le droit de rentrer dans sa propre maison sans autorisation du squatteur. Elle pensait pouvoir faire changer les serrures quand il serait absent, mais on lui a répondu qu’elle risquait une arrestation si elle pénétrait chez lui.

Les lois et l’échec de la procédure d’expulsion

La récente loi anti-squat, adoptée en 2023, prévoit d’expulser un squatteur en 72 heures sous l’autorité du préfet. Mais cette législation ne semble pas avoir facilité la situation de Karine. Après avoir fourni tous les documents nécessaires, la préfecture de Gironde a refusé sa demande d’expulsion, expliquant qu’elle ne pouvait pas prouver une intrusion illégale, car le squatteur ne possède ni bail ni titre de propriété.

Une solution illégale et ses conséquences

Désespérée de vendre rapidement sa maison pour payer ses droits de succession, Karine se sent alors obligée de recourir à des méthodes illégales. Elle raconte avoir été approchée par une personne lui proposant de faire partir le squatteur. Elle a payé 5 000 euros à deux hommes qui sont intervenus, ont expulsé l’homme, mais ont été interrompus par l’arrivée de la police.

Depuis cet épisode, le squatteur a porté plainte contre elle. Karine a été jugée pour complicité de violences aggravées, mais n’a pas assisté à son procès. La juge l’a condamnée à un an de prison avec sursis et à verser 600 euros de dommages et intérêts à son ancien locataire clandestin. Elle doit aussi vivre avec un casier judiciaire.

Karine témoigne : « J’ai été jugée pour la bêtise que j’ai faite. Je voudrais que les gens comprennent qu’on peut facilement basculer du bon côté au mauvais, et qu’il faut que ça change. » Finalement, elle a réussi à vendre la maison à un promoteur, mais avec une décote de 10 % à cause de la présence du squatteur.