Un jardin verdoyant avec des fougères, une haie dense ou un tapis de lierre sous un arbre peut sembler idéal. Cependant, certains aménagements favorisent la présence de tiques, ces petits acariens pouvant transmettre la maladie de Lyme.
Bien que souvent associées aux promenades en forêt, les autorités sanitaires rappellent que les jardins privés sont aussi concernés. Selon Santé publique France, l’activité des tiques s’étend de mars à novembre, avec un pic au printemps et à l’automne. Lorsque l’ombre, l’humidité et une végétation dense se combinent, certaines plantes attirant ces parasites jouent un rôle clé.
Pourquoi certaines plantes attirent-elles les tiques ?
Les tiques ne tombent pas des arbres. Elles attendent à hauteur de jambes ou de mollets, accrochées à des herbes hautes, des tiges ou de petits arbustes, prêtes à s’accrocher à un humain ou un animal passant à proximité. Selon Santé publique France et l’INRAE, ces acariens recherchent des zones humides, ni trop chaudes ni trop sèches, avec suffisamment de végétation pour se cacher au sol.
Le microclimat est un facteur déterminant. Lorsque des plantations créent de l’ombre, une fraîcheur durable et une litière de feuilles ou de débris, la tique limite sa déshydratation et survit mieux. Une étude récente a montré que la présence de cette litière augmente le nombre de tiques, surtout si des animaux comme des rongeurs, des oiseaux, ou des chats et chiens y circulent.
Les plantes à éviter près des zones de vie
Ce n’est pas une espèce unique qui attire les tiques, mais plutôt l’environnement qu’elles créent. Certaines végétations sont particulièrement problématiques, surtout lorsqu’elles se trouvent près d’une terrasse, d’un potager ou d’un espace de jeux :
- Herbes hautes et pelouses peu tondues, notamment le long des haies ou des clôtures
- Fougères et plantes vivaces d’ombre, très denses en zone fraîche
- Plantes couvre-sol dense comme le lierre, qui maintiennent l’humidité au ras du sol
- Haies de thuyas ou autres haies compactes, peu taillées, qui créent une zone ombragée et humide
- Arbustes touffus : lilas noir, mûriers sauvages, sureaux ou noisetiers, dont les branches descendent bas
Au pied de ces plantations, on trouve souvent des tas de feuilles mortes, de petits branchages, ou même des composts et des piles de bois. La LPO souligne que ces zones offrent un refuge idéal pour les tiques. Les animaux comme les chiens, chats ou hérissons qui y circulent peuvent ramener ces acariens dans la maison.
Comment réduire les risques sans tout raser ?
Il n’est pas nécessaire d’éliminer toutes les plantes qui attirent les tiques. La clé est d’organiser différemment le jardin. La LPO recommande de séparer deux zones :
- Une zone proche de la maison, des chemins et des espaces pour les enfants, avec une herbe courte, des bordures dégagées et des pieds de haies nettoyés
- Une zone plus sauvage, avec fougères, herbes hautes et tas de feuilles, où l’on circule peu
Une autre solution simple consiste à planter des végétaux répulsifs. La lavande, le romarin, le thym, la mélisse, l’absinthe ou le géranium citronnelle dégagent des odeurs que les tiques détestent. La tanaisie ou l’herbe-à-chat ont aussi une odeur désagréable pour ces parasites. En les plantant en bordure de terrasse, le long des allées ou devant une haie dense, elles peuvent former une barrière supplémentaire, à condition d’être entretenues régulièrement.
Enfin, la prévention personnelle est essentielle. Ameli rappelle qu’il faut inspecter systématiquement le corps après avoir travaillé dans le jardin. Il faut porter une attention particulière derrière les genoux, à l’aine, sous les bras et dans le cuir chevelu. La tique doit être retirée rapidement avec un tire-tique, sans utiliser de produits. Les animaux domestiques doivent aussi être vérifiés après leurs sorties dans la végétation.
