Un carrelage ancien en terre cuite terni et friable : un entretien adapté pour le révéler
Lorsque la lumière rase de fin d’hiver éclaire votre sol, vos tomettes anciennes peuvent paraître grises, poussiéreuses, voire abîmées. Malgré plusieurs passages de serpillière, le sol reste terne. Les carreaux deviennent friables, comme si chaque nettoyage les fatiguait davantage.
Beaucoup pensent alors qu’il faut tout refaire ou utiliser des produits de nettoyage plus puissants. Pourtant, le problème provient souvent de mauvais réflexes d’entretien. En réalité, ces tomettes anciennes ne sont pas sales, mais simplement asséchées par un entretien inadapté.
Comprendre la nature de vos tomettes anciennes
Une tomette n’a rien à voir avec un carrelage moderne vitrifié. C’est une terre cuite poreuse, un matériau qui agit comme une éponge. Il absorbe l’eau, les taches, mais aussi tous les produits appliqués. Avec le temps, une fine patine protectrice, appelée “fleur”, se forme en surface. Elle donne aux sols anciens leur aspect doux et leur lustre subtil, tout en limitant la pénétration des salissures.
Lorsque cette couche est détruite par des produits trop agressifs ou des méthodes de nettoyage abrasives, les pores s’ouvrent. La terre cuite peut alors absorber l’eau et les tâches en profondeur, blanchir par endroits, devenir friable ou farineuse sous le pied. L’eau de Javel, le vinaigre ou certains nettoyants forts, ainsi que les brosses métalliques ou le nettoyage à haute pression, endommagent cette couche fragile et exposent l’argile nue.
Produits à éviter et le rôle du savon noir
Les détergents modernes, riches en tensioactifs, parfums synthétiques et silicones, laissent un film dans les micro-pores. Ce dépôt grisâtre donne un aspect sale au sol et accélère son assèchement. Les produits acides comme le vinaigre ou l’eau de Javel peuvent décolorer les pigments et laisser des taches blanches irréversibles. Même le bicarbonate ou la cristaux de soude doivent être utilisés avec précaution et seulement en dépannage ponctuel.
Pour retirer d’anciennes couches de cire ou de vernis, il est préférable d’utiliser une lessive spécifique ou un décapant adapté, souvent en faisant appel à un professionnel. Lors de l’entretien courant, un simple geste peut tout changer : utiliser du savon noir liquide. La recette est simple : 5 litres d’eau chaude (non bouillante), auxquelles on ajoute 1 à 2 cuillères à soupe de savon noir pur, sans additifs. Après avoir bien mélangé, on passe la serpillière bien essorée sans rincer. L’eau s’évapore lentement, laissant un film gras naturel qui nourrit la terre cuite. Ce film aide à renforcer le matériau, ravive les couleurs et reconstruit la patine naturelle.
Routine d’entretien et protections à long terme
Dans les pièces très fréquentées, un lavage avec cette méthode une fois par semaine suffit. Dans des espaces moins passants, deux passages par mois permettent de maintenir le sol en bon état. Il est important de commencer par un dépoussiérage soigneux. Si les carreaux sont encrassés par d’anciennes couches de cire ou de vernis, un décapage préalable peut s’avérer nécessaire, parfois avec une monobrosse. Une fois la terre cuite nettoyée à l’état brut, la pose d’une couche de savon noir reprend le soin du sol.
Ce lavage est compatible avec les protections de type hydrofuge ou hydro-oléofuge microporeux, qui laissent respirer la terre cuite. Il est conseillé d’appliquer une fine couche d’huile de lin après un nettoyage en profondeur, en laissant sécher 48 à 72 heures avant de poser un éventuel produit de protection microporeux si besoin.
- À faire : utiliser de l’eau tiède, du savon noir ou à l’huile de lin, passer une serpillière bien essorée, puis laisser sécher sans rincer. Sur un sol propre, il est possible d’appliquer une fine couche d’huile de lin, essuyée après 30 minutes, puis attendre 48 à 72 heures avant de poser un hydro-oléofuge microporeux si nécessaire.
- À éviter : l’eau de Javel, le vinaigre pur, les acides, les nettoyants agressifs, les brosses métalliques, le ponçage brusque ou les produits hydrofuges qui créent une couche plastique.
- Les signes d’un bon entretien : une teinte plus profonde, un reflet légèrement satiné, moins de poussière qui accroche et des tomettes moins marquées au quotidien.
