Depuis plusieurs années, mon cerisier semblait prospère avec ses branches vertes et bien fournie, mais il ne produisait presque aucune cerise. Malgré l’arrosage et les amendements déposés à ses pieds, les fruits ne venaient pas. Un soir de février, en le regardant encore une fois chargé de branches, mon voisin, ancien arboriculteur, m’a expliqué que le problème ne venait pas du sol, mais de la façon dont je laissais pousser l’arbre.
Comme beaucoup de jardiniers, je pensais qu’un arbre puissant donnerait forcément des fruits. Mon voisin m’a plutôt parlé de lumière, d’aération et de circulation de la sève, qui pouvaient être mal dirigées. Selon lui, les anciens prenaient d’abord la taille au début du printemps pour décider où couper un cerisier qui ne donne pas de fruits. Une taille ciblée peut tout changer, à condition de savoir où intervenir.
Pourquoi un cerisier plein de feuilles peut-il rester sans cerises ?
Un cerisier peut avoir un feuillage impeccable tout en étant peu productif. Si la ramure devient trop dense, l’arbre privilégie la croissance du bois neuf. La sève, ce « carburant » de l’arbre, circule alors principalement vers les longues branches et les feuilles, au détriment des bourgeons à fleurs. La plupart des cerises se forment en effet sur des rameaux courts, âgés de deux à cinq ans, appelés aussi « bouquets de mai ». Ces jeunes pousses ont besoin de lumière et d’air pour bien fleurir.
Les jardiniers expérimentés conseillent souvent de reculer d’un peu pour observer l’arbre. Si le centre apparaît sombre et si les branches se chevauchent, cela signifie que l’arbre vit dans une semi-obscurité. L’humidité y stagne, favorisant des maladies comme la moniliose, et empêchant le soleil de faire rougir les fruits encore présents. La lumière est essentielle pour une bonne maturation.
Les branches à couper : ce que mon voisin m’a montré
Mon voisin a commencé par me faire repérer les « gourmands ». Ce sont des tiges droites et vigoureuses, partant du tronc ou des grosses branches principales, qui poussent presque à la verticale. Leur écorce est plus claire et lisse. Ces tiges, qui ne portent pas de fleurs, détournent la sève et empêchent la formation de fruits. La solution est simple : les couper au ras de leur point de départ, sans laisser de chicot.
Il m’a également montré quelles branches éliminer. Celles qui se croisent, se frottent ou poussent vers l’intérieur doivent être taillées. On garde la branche la plus vigoureuse et la mieux orientée vers l’extérieur, en supprimant l’autre. Cette opération, appelée « aérer la ramure », ouvre le centre de l’arbre en forme de gobelet. Elle permet à la lumière, à la chaleur et aux pollinisateurs d’entrer, tout en réduisant l’humidité. Mon voisin m’a conseillé de ne pas enlever plus de 15 à 20 % du volume de l’arbre lors d’une seule taille, car une taille trop sévère peut affaiblir le cerisier et favoriser des maladies de la gomme.
Quand et comment tailler un cerisier au printemps
La meilleure période pour tailler un cerisier se situe à la fin de l’hiver, lorsque les bourgeons commencent à gonfler mais que les feuilles ne sont pas encore sorties. À ce moment, la sève remonte et facilite la cicatrisation des coupes. De plus, la structure de l’arbre reste claire, ce qui facilite la taille.
Il est préférable de choisir une journée sèche, sans gel, pour limiter les risques d’infections. Les coupes importantes, comme celles visant à réduire la taille de l’arbre, peuvent attendre après la récolte. Cela permet de limiter le risque de gommose, une exsudation de sève qui affaiblit l’arbre.
Pour effectuer ces coupes, un sécateur bien aiguisé, une scie d’élagage et des lames désinfectées à l’alcool sont suffisants. Chaque coupe doit être faite en biseau, juste au-dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur, en évitant de couper de courts rameaux qui pourraient devenir de futurs fruits.
