En France, l’occupation illégale d’un logement reste un phénomène marginal, mais il suscite beaucoup d’inquiétudes. En 2019, environ 1 130 décisions d’expulsion ont été prises par les tribunaux civils, montrant que le problème existe, même s’il reste limité. Cependant, la peur est réelle, car récupérer un logement squatté peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, malgré la loi anti-squat adoptée en 2023 pour accélérer les procédures.
Dans ce contexte, certains propriétaires ont recours à des gestes symboliques pour se protéger. Parmi eux, la pratique de placer du romarin devant leur porte, une tradition qui soulève des questions sur son efficacité réelle.
Pourquoi les propriétaires placent-ils du romarin devant leur porte ?
Une tradition ancestrale de protection
Depuis l’Antiquité, le romarin est considéré comme une plante sacrée. Utilisé dans les rituels méditerranéens, il servait à purifier les espaces et à repousser les mauvais esprits. Cette croyance s’est transmise au fil des siècles, et dans certaines régions rurales, il est encore courant de suspendre des bouquets de romarin à la porte d’entrée. Placer cette plante devant chez soi n’est donc pas un geste anodin : cela s’inscrit dans une longue tradition où la nature et la spiritualité se mêlent pour protéger le foyer.
Un rituel rassurant pour les propriétaires
Face à la montée de la peur du squat, ce geste symbolique prend une dimension psychologique importante. Bien que le romarin ne puisse pas empêcher physiquement une intrusion, il agit comme une barrière mentale. Selon Maison & Travaux, il procure un sentiment de sérénité, comme si la maison était entourée d’une aura protectrice. Ce rituel, même s’il n’a pas de valeur juridique, complète les mesures de sécurité traditionnelles en renforçant le sentiment de vigilance des propriétaires.
Entre folklore et réseaux sociaux
De nos jours, les croyances populaires trouvent un nouvel écho sur les plateformes sociales. De nombreux comptes, spécialisés dans les “astuces de sorcières modernes”, diffusent l’idée que le romarin peut repousser les intrus. Ces publications, souvent illustrées de témoignages ou de vidéos, séduisent un public à la recherche de solutions simples et naturelles. Cependant, il faut rappeler que cette pratique relève davantage du folklore que d’une véritable stratégie de sécurité. Elle témoigne surtout du besoin de rituels collectifs face à une menace anxiogène, et illustre la manière dont tradition et modernité s’entrelacent dans la société contemporaine.
Les vraies solutions pour lutter contre les squats
Simuler une présence pour dissuader
Les experts en sécurité soulignent que faire croire qu’un logement est occupé est un moyen efficace de le protéger. Des gestes simples, comme relever régulièrement le courrier, ouvrir les volets ou programmer des lumières à distance, peuvent décourager les intrus. Ces actions créent une illusion de présence et augmentent le risque d’être surpris en flagrant délit. Elles renforcent aussi la solidarité entre voisins, un élément souvent oublié dans la prévention des squats.
Renforcer les accès et installer des dispositifs
Au-delà des rituels symboliques, la sécurisation matérielle reste la solution la plus fiable. Installer des portes blindées, des serrures multipoints ou des grilles aux fenêtres constitue une barrière concrète contre toute tentative d’intrusion. L’ajout d’alarmes connectées ou de caméras de surveillance, même basiques, joue un rôle dissuasif majeur. La présence d’un panneau “site sous vidéosurveillance” peut suffire à décourager un squatteur, en augmentant la probabilité d’être identifié et poursuivi.
S’appuyer sur les dispositifs officiels
Les autorités proposent aussi des outils pour renforcer la sécurité. L’opération “Tranquillité vacances”, par exemple, permet aux forces de l’ordre de faire des rondes autour des logements signalés comme vacants. Cette présence policière rassure les propriétaires et réduit le risque d’occupation illégale. De plus, souscrire une assurance habitation avec une protection juridique offre un soutien précieux en cas de litige. Elle permet de réagir rapidement et de limiter les coûts liés à une expulsion.
