21 février 2026

Ce que vos bougies et sprays parfumés cachent vraiment dans votre maison

Les bougies, encens, diffuseurs et sprays parfumés sont de plus en plus présents dans les salons français. Cependant, derrière cette ambiance chaleureuse se pose une question importante : que respirons-nous réellement lorsque ces produits diffusent leur parfum dans la maison ?

Une enquête menée par 60 Millions de consommateurs a analysé 20 produits d’intérieur, dont des encens, bougies parfumées, diffuseurs et sprays. Les résultats montrent que ces produits peuvent transformer l’air de nos pièces en véritables chambres à gaz. Bien qu’ils n’aient pas tous le même profil toxique, aucun n’est totalement neutre pour la santé.

L’air intérieur, souvent plus pollué que l’extérieur

Il est souvent surprenant d’apprendre que l’air à l’intérieur des maisons peut être plus pollué que l’air extérieur. En plus des émissions provenant des meubles, des peintures ou des produits ménagers, les parfums d’intérieur contribuent également à cette pollution. Ces produits libèrent des composés organiques volatils (COV), comme le formaldéhyde, le benzène, ou encore les terpènes, qui sont irritants, allergisants et certains, cancérogènes.

Pour mieux comprendre leur impact, 60 Millions de consommateurs a testé quatre encens, quatre bougies parfumées, quatre diffuseurs à bâtonnets, quatre diffuseurs électriques et quatre sprays. Les analyses portaient sur la présence de COV, de substances cancérogènes, de particules fines PM10 et PM2,5, ainsi que sur les gaz issus de la combustion. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommande de ne pas dépasser en moyenne 10 µg/m³ de formaldéhyde sur le long terme, ou 50 µg/m³ sur deux heures.

Les encens, bougies et sprays : les produits les plus dangereux pour la santé

Les encens arrivent en tête des produits les plus nocifs. Les quatre références étudiées présentent des risques élevés pour l’inhalation et la présence de microparticules. Le formaldéhyde mesuré dépasse souvent les recommandations, atteignant jusqu’à 102 µg/m³. Le bâtonnet « Encens de cèdre indien » de la marque Sattva, par exemple, libère aussi beaucoup de benzène (123 µg/m³), de styrène (142 µg/m³), et contient du naphtalène. De plus, les niveaux de PM10 et PM2,5 dépassent largement les seuils recommandés par l’OMS.

Les bougies parfumées sont généralement moins risquées. Trois sur quatre ont obtenu une mention « Bon » pour l’inhalation et « Très bon » pour la présence de microparticules, avec des émissions de COV parmi les plus faibles. Toutefois, certaines libèrent des substances cancérogènes : une bougie de la marque Candra Candle est considérée « Très insuffisante » dans ce domaine, et une bougie Esteban dépasse légèrement les seuils pour le monoxyde de carbone et le dioxyde d’azote.

Les sprays « assainissants » : une fausse bonne idée

Les diffuseurs sans flamme, tels que ceux à bâtonnets ou électriques, semblent moins risqués. Ces dispositifs n’émettent ni particules ni gaz de combustion, avec des niveaux de pollution limités. Les diffuseurs à bâtonnets utilisent principalement des solvants peu préoccupants en doses mesurées, et présentent de bonnes notes pour leur sécurité. Les diffuseurs électriques à base d’huiles essentielles, en revanche, peuvent avoir des émissions plus importantes de terpènes, ce qui leur vaut des évaluations moins favorables.

Les sprays contenant des huiles essentielles illustrent le paradoxe du « naturel ». Deux produits, présentés comme « assainissants », libèrent plus de 1 100 et 1 600 µg/m³ de terpènes, et leurs COV totaux approchent ou dépassent 3 000 µg/m³, un niveau potentiellement préoccupant. Ces produits sont évalués comme « Très insuffisants », contrairement à d’autres marques comme ArcyVert ou Etamine du Lys, qui restent sous 500 µg/m³ et obtiennent de meilleures notes.

Les autorités sanitaires recommandent déjà de limiter l’usage de ces produits, d’aérer largement après leur emploi, et d’éviter leur présence auprès des enfants, des personnes souffrant d’asthme ou des femmes enceintes. 60 Millions de consommateurs réclame en plus une réglementation renforcée concernant les encens et parfums à combustion, un encadrement des solvants, un meilleur contrôle des allégations « assainissant » et un étiquetage plus clair sur les risques pour la santé.