Votre haie de laurier a enfin bien poussé, vous offrant une jolie vue sans vis-à-vis. Mais un jour, votre voisin vous fait remarquer qu’elle est trop proche de son grillage et qu’il envisage de se renseigner auprès de la mairie. Vous réalisez alors que vous avez peut-être planté trop près de la limite de propriété, sans connaître les risques juridiques ou financiers qui en découlent.
Les règles légales concernant la distance des plantations
En France, la distance à respecter avec ses voisins n’est pas seulement une question de courtoisie. Le Code civil impose des règles précises, complétées par le plan local d’urbanisme ou le règlement de lotissement. Entre distances minimales, prescriptions de 30 ans et obligation d’élaguer, une simple haie peut rapidement devenir un sujet de litige.
Quelle distance respecter près de la clôture ?
Selon l’article 671 du Code civil, si votre arbre ou votre haie ne dépasse pas 2 mètres de hauteur, il doit être planté à au moins 0,5 mètre de la limite de propriété. Au-delà de 2 mètres, cette distance minimale passe à 2 mètres. La mesure se fait depuis le milieu du tronc, et la hauteur depuis le sol jusqu’à la cime. En pratique, cela crée une bande de 50 centimètres le long de la clôture où aucune grande plantation ne devrait se trouver.
Le type de séparation joue aussi un rôle. Une haie plantée directement sur la limite devient généralement mitoyenne, chaque voisin étant responsable de son entretien. En revanche, si tous les troncs sont situés chez vous, vous restez seul responsable du respect des distances et de la taille de la haie. Les arbres en espalier, par exemple, peuvent être collés à un mur privé, sans distance minimale, tant qu’ils ne dépassent pas la crête du mur.
Que risquent des plantations trop proches ?
Si les distances ne sont pas respectées, le voisin peut demander leur arrachage ou la réduction de leur hauteur. Selon un site spécialisé, le voisin peut exiger l’arrachage ou la réduction, sauf si vous pouvez justifier d’un titre, d’une prescription trentenaire ou de la destination de l’arbre. La prescription trentenaire s’applique lorsque l’arbre dépasse la hauteur légale depuis plus de 30 ans, sans contestation.
Même si votre plantation respecte les distances, ses branches qui s’étendent chez le voisin peuvent poser problème. La loi oblige le propriétaire à couper ces branches lorsque celles-ci avancent sur la propriété voisine. En revanche, le voisin ne peut pas tailler lui-même ces branches. Les racines, ronces ou brindilles qui progressent sous terre ou au sol peuvent être coupées à la limite. Les feuilles ou aiguilles, eux, sont généralement considérés comme des désagréments normaux de voisinage.
Comment agir si votre haie est trop proche ?
Si vous constatez l’erreur tôt, il n’est pas utile de paniquer. La meilleure démarche est de dialoguer calmement avec votre voisin. Il est conseillé de prendre un mètre, de vérifier le plan local d’urbanisme (PLU) auprès de la mairie, et de chercher une solution amiable.
- Mesurez ensemble la hauteur et la distance des plantations.
- Consultez le PLU ou le règlement de lotissement.
- Envoyez, si nécessaire, une lettre recommandée pour résumer l’accord trouvé.
- En cas de conflit, sollicitez un conciliateur de justice avant d’envisager une procédure judiciaire.
