La taxe d’habitation, supprimée pour les résidences principales en 2023, continue d’alimenter le débat public. Si elle n’est plus prélevée sur les logements principaux, elle reste un sujet de discussion en raison des enjeux liés aux finances locales et à la qualité des services publics.
Malgré sa suppression, la taxe d’habitation continue à faire parler d’elle dans le contexte économique actuel. Entre inflation, hausse de la taxe foncière et préoccupations concernant le financement des services locaux, une partie de la population se montre favorable à son retour. Selon une étude OpinionWay pour la Fondation Jean Jaurès et la Casden, près de 40 % des Français seraient prêts à la voir revenir si cela permettait d’améliorer les services publics locaux. Ce soutien, présent chez certains électorats, ravive le débat alors que l’exécutif affirme ne pas vouloir la réinstaurer.
Une suppression progressive, mais un débat toujours d’actualité
Depuis 2020, la suppression de la taxe d’habitation sur la résidence principale a été progressive, pour disparaître totalement en 2023. Elle représentait auparavant 15,3 milliards d’euros par an pour les communes et 7,5 milliards pour les intercommunalités. Ces pertes ont été compensées par des transferts de la taxe foncière et de la TVA. Par ailleurs, la taxe d’habitation demeure toujours en vigueur pour les résidences secondaires et les logements vacants, tandis que la taxe foncière est désormais exclusivement payée par les propriétaires.
Selon une enquête OpinionWay, si les citoyens jugent majoritairement que les services locaux sont satisfaisants, près de 75 % estiment que la commune manque de moyens pour fonctionner efficacement. Selon Johan Theuret, président du collectif Sens du service public, la majorité des Français montre un attachement fort à ces services de proximité, comme la gestion des déchets, l’éducation ou les crèches.
Une majorité de Français favorable à un retour conditionnel
Interrogés sur la possibilité de rétablir la taxe d’habitation si cela permettait d’améliorer les services, environ 39 % des répondants se déclarent favorables. Ce soutien est plus marqué chez les sympathisants écologistes et socialistes, alors que l’intérêt est plus faible parmi ceux du Rassemblement national. La répartition géographique montre également des différences : près de la moitié des habitants en Pays de la Loire y seraient favorables, contre moins de 30 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Le débat se cristallise aussi autour des rapports entre locataires et propriétaires. Une locataire témoigne que, avec un loyer de 1 350 euros, l’ajout de la taxe d’habitation serait trop lourd pour la classe moyenne. À l’opposé, un propriétaire considère qu’il s’agit d’une question de justice fiscale, estimant que tous devraient contribuer, et pas seulement les propriétaires. Sylvain Grataloup, président de l’Union nationale de la propriété immobilière, évoque la possibilité d’un effort plus important pour les ménages ayant des revenus faibles.
Futur possible : retour de la taxe ou contribution universelle ?
Pour l’instant, l’exécutif insiste sur le fait qu’il ne prévoit pas de réinstaurer l’ancienne taxe d’habitation sur les résidences principales. Cependant, il évoque la possibilité d’une petite contribution locale payée par tous. Certains élus locaux et associations proposent un retour à un impôt partagé, avec une possible réduction de la taxe foncière pour compenser. D’autres préfèrent maintenir le système actuel, sans modification majeure.
