10 février 2026

Ce désherbant viral détruit votre sol en un instant

Un désherbant viral qui nuit au sol

En février 2026, une vidéo circule sur Internet, montrant une solution simple composée de vinaigre blanc, de gros sel et parfois de liquide vaisselle. Pulvérisée sur les allées, cette mixture promet de faire disparaître les mauvaises herbes rapidement et à peu de frais, en affirmant qu’il s’agit d’un « désherbant naturel » sans glyphosate. En quelques heures, les herbes brunissent et fanent, donnant l’impression d’un jardin parfaitement désherbé.

De nombreux jardiniers ont testé cette méthode maison. Pourtant, ils ont souvent constaté, parfois sans en comprendre la cause, que leur jardin se dégradait avec le temps. Aujourd’hui, beaucoup préfèrent éviter cette solution, considérée comme dangereuse pour le sol, la biodiversité, et même leurs terrasses. Ils privilégient désormais des méthodes plus naturelles et moins invasives, telles que le paillage ou un jardinage plus patient. Le problème ne vient pas des herbes elles-mêmes, mais de ce que l’on verse dessus.

Pourquoi cette recette a autant séduit

La recette largement répandue consiste à mélanger du vinaigre blanc (avec un taux d’acide acétique de 10 ou 14 %), une quantité importante de gros sel, et parfois un peu de liquide vaisselle pour faire adhérer. Ce mélange est peu coûteux, facile à préparer avec des produits du quotidien, et est perçu comme « naturel ». Beaucoup pensent à tort qu’un ingrédient alimentaire est forcément inoffensif pour la terre, confondant innocuité alimentaire et innocuité écologique.

Les vidéos montrent souvent des résultats spectaculaires : en quelques heures, les herbes brunissent et se fanent au soleil. Cet effet immédiat, très apprécié et largement partagé, fait oublier que quelques mois plus tard, le sol devient gris, la biodiversité recule, et les mauvaises herbes finissent par revenir, parfois plus résistantes. La solution est donc présentée comme une alternative aux herbicides chimiques désormais interdits, mais la réalité est différente.

Les effets réels sur le sol et les plantes

Le vinaigre blanc, à ces concentrations, agit comme un acide puissant. Lorsqu’il est pulvérisé, il brûle les feuilles par contact, puis s’infiltre dans le sol. Cela provoque une chute brutale du pH, ce qui détruit les micro-organismes essentiels : vers de terre, bactéries fixatrices d’azote, champignons bénéfiques. Ces micro-organismes, indispensables pour aérer la terre et transformer la matière organique en nutriments, disparaissent ou fuient. Le sol devient compact, asphyxié, et finit par se comporter comme un substrat inerte, même si l’on ajoute de l’engrais.

Le gros sel, lui, ne se dégrade pas. Il s’accumule dans le sol, provoquant une salinisation. En saturant le sol en sodium, il modifie la pression osmotique et empêche les racines d’absorber l’eau, même en cas d’humidité. Les plantes meurent de soif dans un sol humide, avec un jaunissement, des nécroses, et un retard de croissance. L’eau de pluie peut déplacer ce cocktail toxique vers les plantes voisines, comme les rosiers ou la pelouse. Le sel cristallise aussi dans les microporosités du béton et de la pierre, fragilisant terrasses, joints et murets, qui nécessiteront des rénovations coûteuses à terme.

Les alternatives recommandées par les jardiniers expérimentés

Pour éviter ces dégâts, les jardiniers avertis privilégient des méthodes physiques. La première consiste à utiliser de l’eau bouillante, versée directement sur les herbes dans les joints ou sur les dalles. La chaleur provoque un choc thermique, faisant éclater les cellules végétales, ce qui fait faner les plantes en quelques jours. Cette méthode ne laisse aucune trace toxique.

Pour de plus grandes surfaces, des désherbeurs thermiques au gaz ou électriques, des gouges, râteaux ou binettes permettent de couper les jeunes pousses juste sous la surface, sans abîmer le sol. Si une zone a déjà été traitée avec le vinaigre sel, certains recommandent de la rincer abondamment si possible, puis d’apporter du compost ou du fumier pour relancer la vie du sol. Le paillage épais avec du carton non imprimé, recouvert de feuilles, de broyat ou de paille, bloque la lumière et empêche la germination des mauvaises herbes. Sous cette couverture, les vers de terre décomposent la matière organique, créant de l’humus, tout en conservant l’humidité, ce qui limite le besoin d’arrosage et de désherbage.

Les questions à se poser avant d’utiliser une astuce virale

  • Le geste est-il réversible pour mon sol ?
  • Quel impact sur la vie du sol et la micro-faune ?
  • Quelle substance active j’utilise, et en quelle quantité ?