Gel de février : un geste simple pour protéger vos fruitiers
En février, la météo peut être trompeuse pour les jardiniers. Pendant la journée, il fait souvent doux, et certains arbres fruitiers comme les abricotiers ont déjà gonflé leurs bourgeons. La nuit, le ciel dégagé et froid peut cependant provoquer des gelées. Beaucoup hésitent à intervenir, pensant que le risque est faible tant que les plantes sont encore nues, sans feuilles ni fleurs.
Pourtant, à la fin de l’hiver, la situation peut rapidement devenir critique. Les jours rallongent, mais les gelées restent fréquentes. Ce décalage entre la lumière et la température crée un danger discret mais réel pour les récoltes futures, notamment lors de gelées de février annoncées.
Pourquoi les bourgeons deviennent-ils soudainement fragiles ?
Les plantes réagissent d’abord à la lumière. Dès fin janvier, leurs bourgeons commencent à gonfler, alimentés par la sève et l’eau. Lorsqu’un jour ensoleillé réchauffe leurs tissus, puis que la température chute brutalement la nuit suivante, l’eau à l’intérieur gèle. La dilatation du gel peut faire éclater les cellules des bourgeons, un phénomène appelé « brûlure par le gel ».
Les bourgeons encore dormants tolèrent généralement bien le froid, mais dès qu’ils sont avancés, ils deviennent sensibles à des températures autour de -2 à -4 °C. Les fleurs peuvent se faner dès -1 à -3 °C, et les jeunes fruits dès -0,5 °C. Les nuits claires accentuent le risque : sans nuages pour retenir la chaleur, le sol et l’air se refroidissent rapidement, ce qui peut tuer en une seule nuit des arbres comme l’abricotier, le pêcher ou le magnolia.
Faut-il protéger tous les bourgeons ?
La réponse dépend de la sensibilité des plantes. Il est conseillé de protéger les bourgeons des espèces précoces et fragiles, comme les abricotiers, pêchers, amandiers, cerisiers précoces, ainsi que certains arbustes comme les camélias ou magnolias. Les jeunes arbustes et les plantes en pot, notamment celles déjà sorties de terre ou exposées, méritent aussi une attention particulière. Dès que la météo annonce des températures proches de -2 ou -3 °C avec un ciel dégagé, il est judicieux de couvrir ces végétaux.
En revanche, les grands arbres bien établis, les haies rustiques ou les arbustes dont les bourgeons sont encore serrés peuvent généralement supporter quelques gelées supplémentaires. Tant que les bourgeons sont encore fermés et durs, ils tolèrent des températures très basses. Le principe est donc de protéger ce qui est déjà gonflé ou en floraison, et de laisser respirer le reste. La méthode ne nécessite pas de matériel sophistiqué, mais simplement un geste effectué au bon moment, en fin de journée.
Le bon geste au crépuscule : voile d’hivernage et cloches
Pour créer un microclimat protecteur, il est recommandé d’utiliser un voile d’hivernage en polypropylène d’environ 30 g/m². Ce tissu laisse passer l’air et l’eau tout en isolant. Il permet d’augmenter la température autour des bourgeons de 2 à 4 degrés. Les cloches maraîchères ou tunnels transparents sont également efficaces pour protéger les fraisiers ou salades.
Le geste clé consiste à poser ces protections en fin d’après-midi, vers le crépuscule. Il faut les fixer au sol avec des pierres ou des briques pour éviter qu’elles ne s’envolent. Il est important de ne pas serrer les protections autour des rameaux, pour laisser circuler l’air. Il est aussi conseillé d’envelopper les pots contenant des plantes en conteneur.
Ces protections doivent rester en place la nuit, mais être retirées dès que la température remonte, généralement entre 9 h et 10 h du matin. Sinon, l’effet de serre peut faire monter rapidement la température, provoquant condensation et risque de maladies cryptogamiques. Une seule nuit de gel à -3 °C peut détruire près de 80 % d’une récolte d’abricots. En revanche, couvrir puis découvrir chaque soir et chaque matin suffit souvent à préserver la saison. Ce réflexe de protection devient rapidement naturel, surtout lors de hivers doux avec des retours de froid soudain.
