Une astuce allemande pour lutter contre la moisissure en hiver
Avec l’arrivée de l’hiver, les radiateurs fonctionnent, mais des taches sombres apparaissent souvent sur les murs et les joints de fenêtres. Le froid et l’humidité favorisent la formation de moisissures, qui peuvent provoquer toux, allergies et irritations respiratoires. Selon une étude, 21 % des Français constatent que leur problème de moisissure s’est aggravé cette année.
En Allemagne, cette situation est bien connue, et une solution simple est devenue un réflexe quotidien : le « Stoßlüften » ou ventilation choc. Il s’agit d’ouvrir grand les fenêtres pendant quelques minutes, même en plein hiver, pour limiter la condensation et la prolifération des moisissures. Ce geste apparemment basique représente une véritable stratégie anti-moisissure qui suscite de plus en plus d’intérêt en France.
Pourquoi la moisissure se développe-t-elle davantage en hiver ?
Lorsque l’air chaud intérieur rencontre des surfaces froides, il se charge d’humidité, provoquant de la condensation sur les vitres, les murs extérieurs ou derrière les meubles. Cette humidité persistante favorise la croissance de spores et de toxines, pouvant nuire à la santé, notamment chez les enfants ou les asthmatiques. Des signes comme des vitres qui ruissellent le matin ou une odeur de renfermé indiquent souvent un excès d’humidité.
Le manque de ventilation aggrave la situation, car l’humidité reste enfermée lors de la douche, de la lessive ou de la cuisine. La moisissure peut alors s’installer durablement dans les joints, les revêtements ou au bas des murs. Améliorer l’aération est la première étape pour prévenir ce problème, à condition que la cause soit bien la condensation et non une fuite ou un dégât plus sérieux.
Le principe du Stoßlüften, la ventilation choc allemande
Le « Stoßlüften » consiste à ouvrir largement les fenêtres pendant 5 à 10 minutes une ou deux fois par jour en hiver, notamment le matin et le soir. En été, cette durée peut être portée à 30 minutes. L’objectif est de favoriser un échange d’air rapide, plus efficace qu’une fenêtre entrouverte pendant plusieurs heures, qui ne ferait que refroidir les murs sans éliminer l’humidité.
Selon Serge Masson, expert en entretien immobilier, une bonne ventilation reste la meilleure solution. Il souligne que si la moisissure persiste malgré cette pratique, il est conseillé de faire appel à un professionnel. L’ouverture prolongée des fenêtres en hiver peut sembler contre-intuitive, mais elle reste efficace pour traiter des problèmes plus sérieux que la simple condensation.
En Allemagne, beaucoup associent le Stoßlüften avec le « Querlüften », c’est-à-dire ouvrir en même temps fenêtres et portes situées aux deux extrémités du logement pour créer un courant d’air traversant. Selon un expert, cette méthode quotidienne permet de prévenir la condensation et la moisissure, tout en étant gratuite et bénéfique pour la santé.
Comment appliquer cette astuce sans avoir froid ?
Pour la plupart des Français, ouvrir en grand les fenêtres en hiver peut faire craindre de perdre la chaleur. Pourtant, une aération courte de 5 à 10 minutes n’abaisse que peu la température des murs ou du mobilier, qui stockent la chaleur. Il est conseillé de baisser légèrement les radiateurs avant d’ouvrir, puis de refermer rapidement après aération.
Les experts recommandent de maintenir une température intérieure stable, entre 16 °C et 18 °C, pour limiter la formation de moisissures. Pour renforcer l’efficacité, quelques gestes simples peuvent faire la différence :
- Aérer systématiquement après la douche ou la cuisson, en utilisant la hotte ou l’extracteur.
- Éviter de faire sécher le linge dans les pièces de vie, car cela libère beaucoup d’eau dans l’air.
- Laisser un peu d’espace entre les meubles et les murs extérieurs pour favoriser la circulation de l’air.
- Utiliser un déshumidificateur si nécessaire pour maintenir un taux d’humidité raisonnable.
Que faire en cas de présence de moisissures ?
Si des taches apparaissent, la première étape est d’inspecter chaque pièce pour localiser toutes les zones affectées. Il faut aussi déterminer la cause : condensation, fuite, remontée d’eau ou problème structurel. Sans cela, les nettoyages répétés seront inefficaces.
Sur des surfaces sèches, il est possible d’appliquer un produit anti-moisissure en portant gants et masque, puis de peindre si nécessaire. Si les taches réapparaissent rapidement ou s’étendent malgré une bonne ventilation, il est conseillé de faire appel à un professionnel pour résoudre le problème en profondeur.
*Étude menée par Opinium pour Travaux.com auprès de 2000 personnes. Opinium est une agence d’études stratégiques reconnue, disposant d’un large panel d’enquêtes en Europe.
